Et pourtant je veux y croire…

7e3

A celui qui me lit…

« Je veux croire ». C’est ce que veux dire la photo. Si tu ne connais pas, c’est le poster qu’a Mulder, dans son bureau, dans la série « X files ». Cette phrase….Putain cette phrase veut dire tellement de chose pour moi ! Elle représente pourquoi je fais ce travail, la base même d’un esprit optimiste, déterminé… Je suis né avec cette phrase et c’est ce que je veux qu’on mette sur ma tombe (ou mon urne, ou mon sac plastique, enfin là où on voudra bien me mettre et où je ferai chier personne).  Je veux croire. Pourquoi je te parle de cette phrase ? Parce que ça fait 3 semaines que j’ai pas écrit sur ce blog, que j’ai hésité à écrire cet article… Parce que je vais tout simplement répondre a cette question qu’on me pose tous les jours : alors : ça va ?

L’application mobile, pour le moment est un échec. La page Facebook a été lancé depuis un mois, et j’arrive à peine aux 100 likes. J’ai contacté toutes les associations de sourds et malentendants. Leur réponse : « super idée ! c’est génial ! enfin ! ». Et quand je demande de partager ma publication : « ah ben désolé on partage que les gens avec qui on est en partenariat ».  Tout le monde trouve mon idée géniale, mais personne n’en parle. Le financement participatif aussi ne décolle pas. Je pense que je dois être un échec record sur Kickstarter car pour le moment après un mois, sur 100 000 dollars, j’ai….80$ ! (je remercie par ailleurs les 5 personnes qui ont donné).  L’idée de créer un festival international de théâtre à NY pour promouvoir l’appli,  de faire venir les copains pour la tester à NY, de créer un logo, une pub…. ben ça le fera pas. Jamais j’aurai cet argent dans un mois. Je dois donc trouver un autre moyen de faire connaitre et de lancer cette application.

Et pourtant, je veux y croire. 

Financièrement c’est plus que tendu. Ici la vie est super chère et Sandrine a un mi-temps. On est dans nos réserves, on compte le moindre centimes. Pour faire simple : on se fait pas un seul plaisir. finit même le menu a 4$ de chez Wendy’s ! Tolérance 0. On vit avec 60$ par semaine, pour 4 personnes dans l’une des villes les plus chères du monde. On regarde dans les magasins, on voit ces belles photos de vacances ,  d’objets à vendre, de recettes à cuisines ,sur Facebook.  On va devoir bientôt déménager, donc payer au minimum un mois de loyer et un 2ème mois en caution (pas de garants).  Le moindre écart et on peut plus déménager.

Et Pourtant je veux y croire.

Déménager ! Putain ça c’est un rêve ! ça fait 2 semaines que Sandrine cherche la perle rare, l’apart qui nous accueillera : dans un T1 alors qu’on est 4, dans un quartier pas coupe gorge, ou pas à 3h de train, sans garant, et avec un seul mois de garantis. Autant chercher le wifi et la 4G dans la Creuse !  Elle fait tous les sites, contacte toutes les annonces Facebook, poste des annonces de partout. on doit partir dans moins d’un mois.

Et pourtant on veut y croire.

Le boulot ? Je me démerde pour faire du job au black à droite à gauche : une vidéo par si, une séance photo par là. Pour le moment, tout ce que je trouve, c’est pour la rentrée. Je viens de rencontrer une Cie de théâtre de malade avec laquelle y’a eu un vrai coup de coeur réciproque.  Je vais bosser pour eux toute la saison prochaine. J’ai tourné dans un clip (pas payé) , je vais tourner dans le fameux pilote de série (50$ pour 4 jours de tournage). Je donne aussi des cours de français en utilisant des exercices de théâtre. J’ai une élève. Elle adore, elle m’a poussé à mettre des annonces de partout en disant que « théâtre + apprentissage de la langue, c’est génial ! ».  C’est franchement de la débrouille. C’est de la survie.  Sandrine a toujours son mi-temps, pas de plein temps pour le moment malgré des  journées entières à répondre a des annonces. Quand a mon boulot avec papy, c’est de pire en pire car le gars est jaloux. Plus je fais du bon travaille, plus ces clients disent du bien de moi (et pas de lui) et plus il me donne des tâches ingrates de « copier/coller ».

Et pourtant on veut y croire.

On est crevé. 2 ans maintenant sans prendre un week end, une journée de repos. 6 mois avec des nuages au dessus de la tête et toujours les mots VISA ARGENT TRAVAIL LOGEMENT qui tournent autour de nous. Impossible de penser à autre chose. On se lève « problème », on mange « problème », on travaille « problème » on se couche « problème ». Une pression constante de tous les côtés qui fait qu’il est impossible de se libérer, d’avoir ne serait-ce qu’une seconde de relâchement. Car c’est peut-être dans cette fraction de seconde que tout va basculer, qu’on va voir l’idée qu’on a pas essayée avant, ou que la 250 000ème bouteille jetée à la mer va enfin revenir. 3h de vélo par jours (d’ailleurs j’en fais tellement j’ai pété le vélo, papy m’en a donné un autre) à 40° pour économiser le métro et la pression permanente, font que j’arrive physiquement à un point de fatigue qui ferait passer un mois au Festival d’Avignon pour des vacances au Club Med. Là, c’est pas un spectacle qu’on a mis en jeu et auquel on essaie de donner vie. C’est à notre nouvelle vie elle même.

Et pourtant, je veux y croire.

C’est la merde ! Franchement je vais pas te mentir, j’ai juré d’être honnête sur ce blog. c’est super dur !à, ça fait 6 mois qu’on est là, et ça fait 6 mois qu’on pousse, qu’on galère, qu’on sert les dents, et putain c’est de plus en plus dur car y’a pas de net amélioration et la fatigue, elle, ben elle continue. 2 ans à tout donner sans relâche pour partir, 6 mois à foncer sans s’arrêter et à,  malgré les coups durs, pleurer 1h, et se remettre en route. Nous vivons exactement ce qui fait que 80% des gens ne tentent et ne tenteront jamais ce qu’on fait ( tout en rêvant de le faire). On est seul, ici, dans la plus grande ville du monde, à tenter de survivre, pour ensuite pouvoir vivre, et ensuite pouvoir réaliser nos rêves.  Depuis 6 mois on se bat, on ramasse, on pleure 2 secondes, on a une lueur d’espoir et on recommence.

Mon prof de sport, quand j’étais en cours d’acteur, ne cessait de répéter qu’on connait pas ses limites. Quand tu fais un effort physique, entre le moment où tu lâches parce que « putain t’en peux plus » , et le moment où ton corps lâchera parce que « vraiment là il en peut plus », y’a une différence énorme, mais vraiment colossale. On ne connait pas ses limites. Ce qu’il m’a appris en fait, c’est qu’on baisse les bras systématiquement bien avant le moment où on est obligé de les baisser. Alors que si on pousse à fond, on y arrive. Faut juste passer ce cap où le mental te joue des tours en te disant que « t’en peux plus ». ça s’appelle « se surpasser ». ça fait maintenant 6 mois qu’on est dans cette zone. On est crevé, tout nous pousse à arrêter…

…Mais on est là. Un peu comme… Comme quand t’as mal, mais t’as tellement mal qu’au fond tu ressens plus la douleur. Tu luttes juste pour survivre. Parce que justement on est dans le moment où on a plus le choix ! je veux dire : c’est trop tard ! La ligne de départ est bien trop loin et il est hors de question de vivre et d’en baver autant sans résultat. Parce que justement, on veut croire. On veut croire à cette putain de justice que le travail paye, que la roue tourne, ou ce que tu veux. On veut croire tout ce que tu me dis par texto, par message commentaire ou autre, que « plus c’est difficile plus le résultat sera énorme » (ou comme tu me l’as écrit « le chemin est difficile, mais la vue sera superbe »). On veut croire qu’on fait pas tout ça pour rien, qu’on a pas tout sacrifié pour rien. On veut croire qu’un rêve c’est dur à réaliser, mais dur ça veut pas dire impossible. Et que c’est dans ce que l’on vit là, aujourd’hui, que tout se joue, parce que c’est à cet endroit où les autres renoncent ou renonceraient. Et on veut croire qu’on est pas les autres.

Alors pour répondre à ta question : Non. ça va pas. Mais bientôt, ça ira super bien.

Et ça on y croit. Non. Ca on le sait.

 

A celui qui m’a lu.

 

Rémy.S

Publicités
Catégories : Non classé

Navigation des articles

2 réflexions sur “Et pourtant je veux y croire…

  1. Magali Benavides

    vous êtes la dream team, vous lâchez rien, ça va payer, je n’en doute pas, alors garder toujours ce let motiv, cette conviction qui fait de vous des winneurs, et oui réalisé ses rêves c’est dur, très dur et celui là c’est THE DREAM alors l mur il est encore plus haut, mais surtout on lache rien on se motiv, on se rebouste, on essai juste une heure une p’tite séance de yoga (ça recharge les batterie) et on repart de plus belle.
    Regardez ce que en juste 6 mois vous avez accompli!!! c énorme, certains n’atteigne même pas votre niveau et n l’atteindrons jamais, alors GO GO GO

    on vous aime

    J'aime

  2. Margot

    Allez les loulous !
    Je veux y croire aussi . Non j y crois!
    Tout simplement, si tout votre entourage y crois alors on vas générer assez de force pour faire bouger la roue plus vite que prévu !

    Alors j y crois tout les jours.
    Je vous aimes et je donne toute ma positive attitude et mon bon karma!

    J ai mis une croix en Scotch papier sur ma fenêtre !

    😚😚

    J'aime

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :