Goodbye Lyon

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A celui qui me lit…

 

J’ai longtemps hésité sur le moment où j’allais commencer à écrire ces articles, sur le moment que j’allais considérer comme le début de cette aventure. Est-ce que je devais attendre le 3 Février, date du départ ? Ou la sortie de l’ambassade ? A quel moment allais-je enfin commencer mon « journal de bord » ? A quel moment alliez vous recevoir mes aventures dans votre boite mail ? C’est difficile de déterminer exactement le début d’une histoire. Surtout de celle là. Alors oui, j’ai écris le prequel (section en haut à droite)…Mais quand, le passé, allait-il rejoindre le présent ? Hein ? C’est quand qu’elle commence mon American Life ?  Quand je serai parti.

Et je suis parti.

Ca y est, depuis quelques jours, on a quitté notre appartement. Nous avons tout vendu dans un vide maison épuisant. Hormis des fringues, 2 ordinateurs, des jouets une guitare, et des souvenirs rangés dans des cartons qui nous rejoindrons un jour (?), Nous n’avons plus rien. Plus de meubles, plus d’appart. Tyler Durden dit dans Fight Club « c’est seulement quand on a tout perdu qu’on est libre de faire tout ce qu’on veut« . Nous sommes maintenant libre d’aller réaliser notre rêve. On ne peut plus reculer, ça y est, on a tout quitter : Les loulous ne vont plus à l’école, plus de boulots… Devant nous : un rêve. Derrière nous : notre ancienne vie. A l’heure où j’écris ces lignes nous sommes dans une « zone de transit » entre 2 vies. Et c’est hyper étrange ! Un peu comme si….comme si on était dans le bateau qui nous emmène sur les plages du débarquement, dans la file d’attente d’un manège, dans les coulisses d’une scène après que le dernier spectateur se soit assis….. Nous sommes « entre 2 ». On ne peut plus reculer, on ne peut plus avancer….on peut simplement regarder le chemin parcouru, et prendre des forces sur le putain de truc énorme qui nous attend bientôt. On souffle, on se concentre. Inspire….Respire….On peut y arriver. Non. On va y arriver.

A celui qui me lit , j’ai pas eu besoin de te dire au revoir. Peut-être qu’on se reverra avant que je quitte la France, peut-être pas. Mais ça c’est pas grave. Comme je te l’ai dit : « on se quitte pas, on s’éloigne ».  Et si tu lis ces lignes, que tu sois un voisin,  un pote, un membre de la famille un collègue ou un ami, à partir du moment où tu as envie qu’on se revoit…on se reverra.  Je suis pas loin : je suis juste à 6145,47 Km sur la gauche ! C’est pour ça que j’ai pas dit au revoir. On se quitte pas. Par contre, y’a quelqu’un à qui j’ai pas pris le temps de dire Adieu. Et c’est là, le premier article de ce blog. J’ai envie de prendre le temps de dire Adieu a quelqu’un que je ne reverrai probablement pas.

 

Chère Lyon,

       Si je t’écris aujourd’hui et si je prends le temps de te parler pour la première fois…c’est pour te dire Adieu. Tu dois trouver ça cruel que la première fois que  je te parle, c’est pour te quitter, mais ne voit en ces mots qu’une merveilleuses déclaration d’amour à une ville, à toi, qui m’a tellement apporté.

       Tu te souviens de moi ? Le p’tit gars de Saint-é ? J’avais 18 ans quand on s’est rencontré. Je venais m’inscrire à la fac. Te rencontrer, c’était…c’était comme rencontrer la liberté : ça y est, j’étais étudiant, j’allais avoir mon appart’, j’allais être libre de tout, vivre par et pour moi-même. Je t’ai présenté à mon père quand on est venu visiter l’appartement dans le 7ème ! Même lui qui était amoureux de Saint-Etienne, secrètement, est tombé fou de toi : « tu vas être bien ici » ! J’avais l’accord de mes parents. Alors… j’ai commencé à vivre avec toi. Quand on vient d’une petite ville, tu es vraiment incroyable !  2 fleuves, lumineuse, accueillante…tu as tout pour divertir n’importe lequel d’entre nous et on sent qu’avec toi, on peut faire n’importe quoi ! Oui Lyon : te rencontrer et vivre avec toi, ça a été comme rencontrer la liberté…et voir ce que j’étais capable d’en faire !

J’ai pas chômé hein ? Entre la fac, les 2 Compagnies de théâtre, les écoles, l’émission de télé et j’en passe….Tu as été un terrain de jeu sans fin ! Chaque rues chaque quartiers étaient un décors de cinéma, une inspiration. Tu m’as inspiré Lyon ! J’y ai fais mes plus belles rencontres (ma femme, mes amis) et j’y ai fais mes plus belles créations (mes enfants, et mes pièces). Pendant 15 ans, j’ai vécu avec toi « plus de vies que si j’avais mille ans ». Pendant 15 ans, j’ai profité de toi : tu as été l’inspiration, l’expérimentation…la transition ? J’en ai fais des conneries avec toi ! Mais ça, je laisse aux autres le soin de les raconter ! Pour ta fête des lumières, j’ai eu mon fils. Et durant ton plus beau printemps j’ai eu ma fille….On est lié Lyon, rien que par ces 2 p’tit bouts, on est lié !

    Mais c’est fini. Je m’en vais maintenant. C’est pas contre toi, et tu n’as pas à te remettre en question. Non. c’est moi. Mais d’un autre côté je t’ai toujours dit que ça ne durerait pas, quand je t’ai rencontré, je pensais déjà aux Etats-Unis. Tu le savais.  J’avais besoin de faire mes preuves, j’avais besoin de grandir, j’étais personne moi ! J’étais personne ! j’étais qu’un gosse qui écrivait des textes sur des pages vierges de son agenda ou dans des copies double, j’étais qu’un gamin avec des idées bizarres. J’avais besoin qu’on me donne ma chance et qu’on me pousse, qu’on m’écoute. Et tu m’as écouté. Avec ma Compagnie, tu m’as permis de créer, d’avoir une équipe et de grandir. J’y ai rencontré mes meilleurs amis et vécu des moments de dingue : chaque scènes, chaque projets étaient une rencontre, et en 10 ans de travail, j’ai compris pleins de choses, j’ai appris énormément . Chaque personne que j’ai rencontré avec toi a été un passant qui, que ça se finisse bien ou mal, m’a permis de progresser, de grandir, encore et toujours, grandir, grandir.

    C’est bon j’suis grand Lyon. Et je suis maintenant prêt pour la prochaine étape de ma vie. Il m’aura fallu 16 ans avec toi, 10 ans à travailler, pour enfin me sentir prêt à avancer. J’attendais le déclic, et il a eu lieu. Alors maintenant, je prends le temps de te dire au revoir. Au revoir et merci. Merci Lyon d’avoir été la passante, la ville dans laquelle j’ai vécu, qui m’aura le plus changé. Tu m’as fait passé de l’enfance à l’âge adulte. C’est pas rien hein? C’est pour ça que je te garde à vie. A jamais dans ma vie dans mon coeur et dans mon âme, on y verra des quais, une place Bellecour blindée, la Fnac, la part-Dieu, la boutique Mandragor dans le vieux-Lyon, le 44 Bis et le 49 rue de L’Université, l’HFME,  les bureaux de Vaise, L’Espace Gerson, les studios TLM, le 8 rue de la Thibaudière, le parc de Parilly, de Gerland, le Syrius l’UGC Ciné-cité, ou la vogue des marrons.  A jamais dans ma vie dans mon coeur et dans mon âme j’illuminerai mes fenêtres le 8 Décembre pour te montrer que tu comptes toujours pour moi, à jamais je raconterai notre histoire, nos coups de coeurs nos coups de sangs, nos coups de foudre, toutes ces anecdotes folles que personne ne croirait, toutes ces histoires qui m’ont emmené d’un point A où je n’étais rien à un point B ou je n’ai plus envie de n’être rien… Je m’en vais Lyon, et même si je te quitte, sache qu’au fond, ça fait depuis que j’ai l’âge de 12 ans que j’attends le moment où je prononcerai cers mots : Je Me Casse !

   J’ai besoin de partir depuis tellement longtemps, que si je pleure ce soir, ce n’est pas de tristesse de te quitter, mais de joie d’avoir enfin eu le courage de prendre cette décision de le faire. J’emmène avec moi 2 petits bouts qui n’ont pas eu la chance de trop te connaitre, mais qui, si un jour me demande où ils ont vécu quand ils étaient petits , m’entendrons leur dire :  « vous êtes né dans une ville de France, une ville assez grande pour y faire pleins de choses, et pas trop pour y avoir une place. Et cette ville et les rencontres que j’ai faite là-bas ont fait de papa ce qu’il est aujourd’hui ». Et j’espère qu’ils viendront alors te voir. Et tu sais ce qu’ils te diront : « Salut…alors c’est toi Lyon dont nous a tant parlé papa ? Il te passe le bonjour et nous dit de te dire que tout s’est très bien passé, et qu’il va bien ».

See you  Lyon.

 

 

A celui qui m’a lu.

 

 

Rémy.S

 

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Une réflexion sur “Goodbye Lyon

  1. Lyon peut être très fier de t’avoir eu dans ses rangs ! Je suis sur qu’elle est aussi fière de toi que moi et tous ceux qui te soutiennent 🙂
    Et comme à nous tous, tu lui manqueras beaucoup mais elle ne t’oubliera pas…
    Je t’adore et serai toujours là pour toi, même à 6145,47 Km sur la droite ♥

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