C’est ici que tout recommence…

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A celui qui me lit…

 

Je crois….J’ai toujours su au fond de moi qu’un jour j’écrirais ces lignes. Et c’est aujourd’hui une chose qui m’est difficile. Ca fait maintenant 1an que ce blog est ouvert, et 7 mois que, environ toutes les 2 semaines, je t’écris cette aventure. C’est bon, on se connaît maintenant, je t’ai décrit le pire comme le meilleur, il devrait plus y’avoir de chichi entre nous non ? Et pourtant…. Ça fait une semaine que j’ai ouvert ce fichier word, que je tape, efface, encore et encore, reculant le moment où je devrais me plonger à fond dans l’écriture de ce post. Pourquoi ? Parce que cet article….C’est le dernier.

Le retour que tu m’as souvent fait dans tes messages, tes textos, tes appels ou autres, c’est que tu nous suivais comme une série télé. Et comme dans toutes les séries, avant le dénouement final, on regarde en arrière dans un immense flashback.

 

Septembre 2007. voyage de noce, mon épouse me regarde et me dit « j’ai pas envie de rentrée : c’est ici que je veux vivre ». Et oui, c’était son idée à la base, moi j’avais gardé ça au fond de moi pour pas lui l’imposer, mais, le tout premier battement d’aile : c’est le sien ! Alors on essaie de préparer le départ mais le quotidien nous rattrape. On repousse, et on oublie.

Septembre 2013 (et 2 enfants plus tard) : je rentre d’une aventure humaine extraordinaire avec 20 ados pas ordinaires à qui je fais une promesse : je vais réaliser mon rêve d’aller vivre du métier d’artiste aux Etats-Unis et leur montrer que tout est possible. J’appelle ma femme à l’aéroport (en rentrant du voyage avec eux) et je lui dit « cette fois, on le fait ». Elle a plus que jamais envie de partir. Cette fois, on l’annonce à tout le monde pour plus reculer, on prend des décisions : on calcule le budget, on déménage dans plus petit pour faire des économies, et je cloture tout niveau boulot. Plus le projet avance, plus le désir de partir est grand, et moins on peut reculer.

A partir de Septembre 2014, tout ce que l’on va faire va être pour aller vivre aux Etats-Unis, et pas n’importe où : New York. Au niveau Visa c’est la merde, on est trop vieux pour le VIE, (stage de 2 ans en étant embauché par une entreprise française), on a pas assez d’argent pour les visas d’entrepreneurs, ou pour s’inscrire à la fac c’est trop cher… 2 ans à économiser, à apprendre tout de la législation américaine, et à chercher du boulot. De France, on a postulé à des centaines de jobs et tous nous ont dit « sur place, c’est pas pareil ». Le seul moyen d’être sur place ? Le stage.J’en trouve un… Stage pas payé, avec 2 enfants, et pas de boulot sur place pour mon épouse. Mais pas le choix, parce qu’on as pas 100000$ de côté pour envisager un visa d’entrepreneur, on ne peut partir que sous cette condition. Ça sera dur, tant pis : On part. Et nous voilà à New York depuis Février 2016, au moment où, surement, tu as commencé à me lire (l’année de préparation est dispo sur le blog « prequel épisode 0 en haut à droite ».) Et donc la suite tu la connais, et tu l’as en tête alors pas besoin de tout te re-raconter.

Et me voilà en Septembre 2016, devant mon ordinateur , à écrire le dernier post de ce blog. Mais alors : comment je finis l’histoire ?

 

Dans toute histoire, y’a un élément perturbateur (tu t’en souviens je crois), mais surtout, juste avant la fin, y’a un « twist ». Le « twist » c’est une révélation qui change la fin, mais qui en fait était là depuis le début en filigrane et que certains bons spectateurs arrivent à deviner.

 

En Mars 2015, mon épouse répond à une offre de travail sur New York depuis la France, et le patron lui répond « c’est vraiment dommage que vous êtes pas sur place ». Ils lui ont tous dit ça. Alors forcément, quand on est arrivé, elle les a tous relancé en disant « je suis sur place ». Car ça a toujours été le plan : on arrive grâce à mon statut, et on gagne du temps, le temps qu’elle trouve du travail (si tenté dans sa branche pour qu’elle réalise aussi son rêve). En Mars, elle a relancé tout le monde, sans réponse. Et puis…. Je te l’ai pas dit parce que j’en avais marre d’annoncé des « moitiés de bonnes nouvelles »…. En Juillet il a rappelé pour lui dire « la personne qui avait ce post vient de partir, vous êtes sur place….on se voit quand ? » Mais bon, on a pas sauté de joie. Par contre, quand à l’entretient le patron lui dit que ça fait un an et demi que son CV est gardé de côté, et qu’ils la veulent absolument et qu’elle commence fin aout…. ;Ben Forcément on saute de joie ! Oui, nous aussi on en revient toujours pas : elle a enfin trouvé un boulot ! Et pas n’importe quel boulot : le boulot de ses rêves ! Elle m’a dit « c’est comme si quelqu’un avait lu dans ma tête et avait crée le post idéal pour moi ». Voilà mon épouse dans un contrat à plein temps dans une boite de ouf à faire le boulot de ses rêves. Et le truc de dingue : elle obtient un post auquel elle avait postulé de France il y a un an et demi ! Comme prévoir quelque chose comme ça ? Impossible. Un vrai « twist scénaristique » !! Même nous on l’a pas vu venir celui là !!!!!

 

C’est ici que tout recommence. On s’installe à New York. J’ai écris ce blog pour y décrire l’aventure d’une famille qui a tout plaqué pour s’installer aux USA, pour y raconter comment on allait faire sachant qu’on avait plus de 30 ans, 2 enfants, sans un gros capital de départ, sans travail ou connaissance sur place. On avait rien pour nous, on nous a traité de fous, on a essayé de nous dissuader de le faire. C’est vrai, on était des outsiders ! Mais on le fait. Et c’est ce que je voulais raconter dans ce blog, je voulais montrer que quand on veut quelque chose, peut importe la route sur laquelle on est, et ce que l’on a fait avant, peut importe qui on est et où on veut aller…On peut changer de route, et « on est tous capable de l’impossible quand on le veut vraiment ». 3 ans sépare l’annonce du départ et l’annonce de notre installation à New York. 3 ans, c’est pas rien, et c’est rien dans une vie. Mais on est là, on est debout, et maintenant tout va super bien !!!!!!

 

C’est dur de dire au revoir. C’est pour ça que j’ai du mal à t’écrire aujourd’hui. Alors d’abord, je vais te dire merci. Merci de m’avoir lu (plus de 7000 visites sur le blog), merci pour tes messages, tes encouragements, pour ton soutien. Tous ces petits messages nous ont portés. Tu as été un lecteur interactif extraordinaire !!!! Je vais aussi remercier tous ceux qui nous ont découragés de le faire, qui nous en ont mis pleins la gueule, parce que plus on nous disait que c’était impossible et on nous traitait de fou(voir pire), plus on a eu envie de se battre pour que la seule réponse qu’on leur donne soit notre réussite. Merci à toi de m’avoir lu, car tu m’a permis d’écrire l’histoire la plus folle de ma vie.

 

Et maintenant ?

Maintenant ce blog va rester au cas où certains un jour ont besoins de conseils. Mais je vais fermer les commentaires et je ne l’alimenterai plus.

-Si tu fais parti de ma famille et mes amis, on va s’appeler s’écrire, et tu prendras de nos nouvelles à l’ancienne. Mais sache qu’on n’oublie pas ces encouragements et ton soutient, et on espère bien t’accueillir dans notre nouvelle appart’ quand tu viendras nous voir (on déménage en Octobre), quand l’envie te prendra de venir découvrir cette ville de dingue.

-Si tu es un simple lecteur de passage, comme dans toute aventure, je te laisse imaginer la suite. Après tout maintenant, l’aventure est finie, et ce que l’on va vivre relève du quotidien. Alors je te laisse imaginer. Techniquement, dans toute histoire, y’a une ouverture sur le futur pour te permettre de le faire. C’est vrai. Alors voici l’épilogue.

 

Elle a commencé son travail il y ‘a 2 semaines et l’ambiance à la maison est géniale. Ça y est, son rêve, elle le réalise. Seul l’appart’ pourri dans lequel on vit est un problème, mais bon, on va bientôt déménager. Notre grand loulou va intégrer une nouvelle école dès qu’on aura déménagé, et notre petite louloute commence à parler dans les 2 langues. Quand à moi ? Est-ce que je vais la faire ma série télé ? J’en sais rien. M’installer ici, c’était l’étape 1, et ça c’est l’étape 2. Tout ce que je peux te dire, c’est que mon stage m’ouvre quand même de belles petites portes. J’arrive maintenant à faire mon stage et à travailler à côté pour d’autres structures et d’autres compagnies, et dans les prochains mois, je vais refaire mon vrai métier d’artiste en écrivant, jouant, et en mettant en scène. Un jour, j’écrirai ma série. Je suis patient, après les 3 ans passés, j’ai plus peur sur ma capacité à endurer ou à me battre. Et puis j’arrive déjà en 7 mois à faire bien plus de choses que j’avais pensé faire en si peut de temps. Je peux rien te dire parce que ces 7 mois, ces 3 ans ont montré que tout peut arriver. Alors qui peut savoir ce que réserve le prochain mois ? Personne. Mais j’ai tellement hâte !

 

C’était la plus folle de mes aventures : tout plaquer et aller vivre aux USA. C’est fait. Maintenant faut que je te laisse, j’ai ma nouvelle vie à commencer. Elle commence maintenant. C’est my American Life.

 

 

A celui qui m’a lu.

 

 

Rémy.S

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Top 10 N°2 : les 10 choses qui me cassent le plus les « youyous » à New York

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A celui qui me lit…

« On aime une personne pour ses qualités et on reste pour ses défauts« .  ça marche en amour. Mais un pays….c’est pas une femme. Depuis que je suis arrivé, il est vrai que j’ai dressé un portrait plutôt flatteur du pays de L’oncle Sam et la Belle Grosse Pomme (à part sur le fait que c’est un pays où il est difficile de s’installer). C’est pas pour autant que c’est parfait ! J’ai quitté un pays pour un autre, certes j’aime mieux ici pour pleins de raisons, mais New York, c’est pas le paradis pour autant. Et comme pour le moment rien n’a avancé dans notre projet, que j’ai envie de te faire marrer et de t’écrire, en attendant la prochaine étape de notre aventure, je vais donc te faire le top 10 des 10 choses qui me casse le plus les couilles à New York (et aux USA en général).

 

Attention, je te préviens, je suis grave vénère.

 

10- Les Volets.

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Ah c’est beau New York, ces buildings, ces fenêtres réfléchissants une belle lumière de partout, ces immeubles à perte de vue et….Y’a rien qui te choc ? Mais oui ! Y’a pas de volets ! Le plus grand pays du monde, la ville la plus développée la plus moderne et Y’a pas de putain de volet !!!!!  Alors la première nuit, tu te dis « mon hôtel il abuse quand même« . Le 1er apart’ que tu visites tu te dis « tiens, c’est le même qui a construit l’hôtel« . et puis au fur et à mesure tu réalises l’effrois : tu vas passer ta vie…sans volets ! L’alternative donc est d’acheter des rideaux très très épais, ou un bandeau sur les yeux. Mais l’un ou l’autre, c’est foutu, plus de grasse matinée, plus de noir total si tu couches avec quelqu’un de moche etc… Non. Il y aura toujours de la lumière (même infime) pour venir te faire chier.  Depuis 6 mois, je suis réveillé à 7h du mat a cause du soleil car et oui, on a toutes les fenêtres qui donnes à l’Est.  FUCK ! On a eu beau foutre des couettes des draps devant les fenêtres, y’a toujours un faisceau qui vient te chatouiller le visage. Donc si tu viens aux USA, sache que c’est un pays sans volet.

Et pour ta culture, tu veux la raison ? C’est un pays protestant, et dans la religion protestante, on aime pas les volets, car techniquement, on a rien à cacher aux voisins car on a une vie vertueuse. Je suis athé. Je veux des volets !!!!!!!

9- Les taxes

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Cool, un objet à 9$. J’ai 10$ sur moi, je peux l’acheter ? ET BEN NON !!!!!! Dans le cul, tu vas devoir aller retirer de l’argent car non, tu n’as pas assez. Ici, les taxes ne sont jamais affichés sur les étiquettes. ça veut simplement dire que le prix affiché n’est jamais le bon ! c’est tout HT ! Et comme les taxes varient d’un produit à l’autre, entre l’essence, la bouffe, les restos etc…. Tu ne sais jamais exactement combien tu vas payer ! Résultat : tu peux pas faire tes courses avec un budget précis. C’est impossible.  A moindre d’être un mathématicien un comptable ou un gérant de la grande distribution : tu ne sais jamais le prix des choses. Donc tu donnes toujours plus, donc on te rend toujours la monnaie, et donc la monnaie (ces petites pièces ici dont personne ne veut même pas les machines pour prendre le bus), ben tu les laisses au commerçant.  Et voilà, tu as dépensé plus que ce que tu voulais.  Tu t’ai fais entubé, et attention, le tube de Vaseline lui aussi est HT (et c’est cher !) (enfin…non je…je sais pas les prix de ça….c’est….c’est un copain qui me l’a dit)

8- Le système métrique

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Alors que le monde entier ou presque fonctionne en METRE, KILO LITRE et CELSIUS, ben ici, on veut faire son intéressant, et on compte en : INCH, POUND QUART et FARENHEIT.  C’est pas grave ? Heu…gentil petit européen ! Tu ne te rends pas compte le nombre de fois par jours que tu utilises ces mesures sans t’en rendre compte. Ici, c’est le bordel !!!! Pourquoi ? voilà la conversion (pour quand tu viendras nous voir)

  • 1 mètre = 39,37 Inch
  • 1 Kilo =  2,2 Pounds
  • 1 Litre = 0,91 Quart

Et pour convertir des Celsius en Farenheit (et je te jure que c’est vrai), il faut calculer comme ça :

T(°F) = T(°C) × 9/5 + 32

donc tu fais du  » a quelque choses près ». quand il fait 100° F, c’est a quelque chose près 40°C. Et c’est pareil pour tout le reste. Soit tu es doué en conversion, tu gère ta mère en produits en croix et toutes ces conneries, soit tu fais comme moi et tu te dis que tu dois oublier toutes les mesures que tu connais et apprendre les leurs. Ouai….Mais ça fait chier !

7- La Ponctualité

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Qu’on se le dise : un américain c’est JAMAIS à l’heure. JAMAIS ! Que ce soit pour des rendez vous pros, des spectacles, des films, des ce que tu veux : c’est foutu ! y’a toujours du retard. Dans la ville qui ne dort jamais, tout le monde court, tout le monde à une vie très occupé donc on part du principe que tu cours,donc que tu seras à la bourre. Franchement, t’es en retard de 20 minutes, ils s’en rendent même pas compte. Et pendant 4 semaines j’ai filmé un spectacle qui annonçait avec une voix off que le spectacle commençait à 2H….Sauf que ce message était encore diffusé à 2H20 !  Donc si tu as un rendez vous ici, que ton métro est pas passé….Ben relax Max (oui, je sors une phrase des années 90 !  j’ai 33 ans je t’emmerde), c’est cool Raoul (lire parenthèse précédente).

6- L’enfant ROI

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Tu es dans un parc. Loulou fait une bêtise. tu dis gentiment « arrête loulou« . Il la fait encore et encore, tu fais quoi ? En bon européen : tu gueules ou tu punis. Ben c’est foutu ! Tu peux quitté le parc ! Tout le monde te regardes !  Tu es officiellement un parent indigne qui se drogue et bat ses enfants à coups de ceintures. Ici, loulou est roi ! On veut qu’il apprenne ses erreurs par lui même. Interdiction de crier ! Pour tout te dire, la semaine dernière, Sandrine (dans sa classe de Français) a dû élever la voix (je suis précis sur le terme elle a juste dit  » de se calmer »), sur 2 gamines qui foutait le dawa. Et ben les parents ont appelé le directeur car les parents voulaient désinscrire les 2 merdeuses !  Tout ce qui touche à l’enfant, c’est sacré. ça donne un système scolaire génial, des parcs bien pensées…mais une mentalité de con qui interdit de crier ou punir son enfant.

5- Les Taxis 

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Chers taxis,

Depuis 6 mois maintenant j’arpente à vélo et à pied les rues droites de ta ville. Tu sais que tu n’es pas le seul à conduire ? Sais tu qu’il y a d’autres utilisateurs des rues de New York ? Je dis ça car je constate depuis 6 mois que tu roules plus vite que les autres, brûles les feux, slalomes entre les files. Et surtout: que pour être sûr que ce soit TOI qui ai ce client qui tend la main genre « madame je connais la réponse au test de Géo« , et que se soit pas le voisin taxi aussi crétin que toi, tu es prêt à conduire comme un véritable petit enculé de merde, coupant la route à tout le monde, passant en 2 secondes de la 4ème file de gauche à la 1ère file de droite en faisant des queues de poissons à tout le monde. Les piétons tu t’en fou, les vélos, encore plus. Et tu utilises tellement ton klaxon pour tout et n’importe quoi, que pense que tu confonds ça avec le clignotant (dont tu ne connais pas l’utilisation, et pourtant…très pratique). Tu es un danger public, je te hais, je te déteste, et si tu avais choisit une autre couleur, je pisserais bien volontier sur ton taxi de merde !

4- Le côté procédurier

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Cette photo résume très bien la mentalité à New York. je te traduis. c’est la différence entre un touriste et un new Yorkais.

Le touriste : Oh attention ! une voiture ! faites attentions aux voitures, laissez les passer.

Le New Yorkais : Renverse moi putain ! Renverse moi enculé ! Allez putain fait le rend moi riche ! Je suis déjà en train d’acheter des trucs dans ma tête !

Les publicités pour les avocats dans le métro, la règle du « tu montes jamais seul avec une femme dans un ascenseur »…y’a que ça. Ici l’argent est roi, et tous ceux qui n’ont pas le gout de travailler (la fainéantise c’est planétaire), ici y’a pas de sécurité sociale a exploiter, pas de RMI, pas de chômage de CAF ou le reste. Le seul moyen de gagner de l’argent et d’être riche sans travailler  : c’est le procès. Y’en a pour tout et n’importe quoi. Au début c’est rigolo, après c’est juste flippant.

3- Les produits de bases

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OK, je veux bien que faire un plat c’est pas donné à tout le monde. Cuisiner, c’est du temps c’est de la patience. Mais le produit de base….c’est pas vraiment de la cuisine non ? Et pourtant! Le beurre, la crème, la mayo le ketchup…. ça à pas le même gout ! Y’a même une différence entre le Ice Tea pêche de Lipton française et le celui d’Amérique ! Ils rajoutent tellement du sucre de partout, des conservateurs etc que rien, RIEN n’a le même gout. Et les produits de bases comme le jambon, le beurre, la crème chantilly ou épaisse…. ben c’est moins bon ! Sans compter l’absence TOTALE de sucre en morceau ! Ou alors si, tu peux y avoir accès…Produit d’importation française, boutiques spécialisées, donc tu payes ça un bras 2 poumons pour 1L d’huile d’olive (et 1 litre ? combien de Quarter ?  t’as vu, c’est lourd ces conversions, t’as déjà oublié, t’es obligé de remonté la page). Bref. On réapprend a cuisiner….enfin…on fait avec ce qu’on a ici. Mais on comprend pas. (et oui, les oeufs sont blancs et ont pas le même gout non plus).

2- L’administration Américaine

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Quel est le point commun entre l’ensemble des blogs de français expatriés aux USA? On s’excuse tous du nombre de fois où on a daubé sur l’administration française. Parce que les Américains sont vos maitres ! Tu crois qu’en France c’est lent d’attendre un passeport 2 mois ? AH AH AH ! Ben t’es foutu ici ! car il faut que ton dossier (car même pour une connerie c’est un dossier) soit validé par des services qui sont pas foutus  d’être dans le même état ! et aucune communication entre eux bien entendu. Si tu loupes une étape, si tu as oublié de cocher un truc, tu l’apprends après 3 mois sans nouvelles…et faut tout recommencer. Très peux ont des bureaux,  tout se passe par correspondance impossible à joindre. Donc même si Monique a mit 4h à te recevoir pour ta carte grise, dis toi que ici, Sharon, elle met 2 mois et encore, si t’as bien tout fait comme il faut sans aide de sa part.

1- Le Credit Score

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Mais quel concept de merde ! Je suis désolé mais là c’est LE truc qui me gonfle le plus ici. le Credit Score, qu’est-ce que c’est ? C’est un chiffre qui est le résultat d’un calcul de l’ensemble de tes crédits, et qui détermine si tu es un bon…ou un mauvais payeur. Quand tu payes une facture, note de téléphone, quand tu prends  un forfais portable, une carte de payement à Starbuck, un crédit pour ta bagnole ou autre, on te demande de donner ton numéro de sécurité sociale (rien à voir avec la sécu en France, ici c’est ton identité de travailleur). Et on calcule. plus tu fais de crédit et plus tu les payes en temps et en heure, plus tu peux en faire. Si tu veux louer un appartement, on te demande un credit score de 723 minimum. ça veut dire que si tu veux louer un appartement et que tu n’es pas riche au point de payer 5 loyers d’avance, tu ne pourras le louer que si tu es un grand consommateur qui fait des crédits de partout et qui les rembourse. Mais si jamais tu es de classe moyenne, que tu gagnes modestement ta vie, même si tu n’as jamais été a découvert de ta vie…Ben louer un apart ou demander un premier crédit va être super compliqué. pour vivre ici, il faut participer à l’économie du pays et emprunter de partout. « Vivons à crédit vivons heureux » !  Quand t’es étranger et que t’as un credit score de 32 au bout de 6 mois, c’est galère. Une des raisons pour laquelle tout le monde en chie quand il arrive aux USA !

Oui c’est pas parfait ici. C’est pas grave, je suis pas parfait non plus, et c’est parfait nul part. Et malgré ces défauts, malgré les difficultés qu’on a encore aujourd’hui pour s’installer, ben je partirais d’ici pour rien au monde. Pourquoi ? J’en sais rien. Je suis bien ici. c’est tout. Un pays certes, c’est pas une femme. Mais c’est quand même lié à un coup de coeur. Et ce qu’il y a de plus magique dans un coup de coeur….c’est qu’on peut pas l’expliquer.

A celui qui m’a lu.

Rémy.S 

P.S : si ça t’a fais marrer : partage, Commente, like…. enfin…fais ta vie ! je suis pas ta mère non plus !

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Top 10 N°1 : ce dont je ne pourrais plus jamais me passer depuis que je vis à New York.

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A celui qui me lit…

Rien de nouveau. Non, désolé, pas de rebondissement dans ta série américaine préférée. Non. Rien de nouveau.  Mais alors pourquoi j’écris ? Pourquoi ce Lundi  tu te reveilles avec une page de mon blog dans ton Facebook ou dans ta boite mail ? Je me suis laissé entrainé par les événements, et écrire , t’écrire, me manques terriblement. C’est pour cela qu’en attendant une amélioration ou un rebondissement, je vais te parler de New York. Comme ça, tu auras systématiquement à lire le lundi matin. Et cette semaine, on va commencer par un 1er top 10 (c’est pas classé, c’est juste 10 choses comme ça en vrac), le TOP 10 des choses dont je ne pourrais maintenant plus me passer depuis que je suis à NEW YORK.

10 : Le Ice coffee.

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Ici, l’été , ils ne boivent que ça ! Le café froid. 2 écoles : soit tu prends un café bien noir et tu le fais refroidir et tu y mets des glaçon, soit tu te prends le vrai « macchiato » avec du lait du caramel…le tout avec des glaçons aussi ! Je t’avoue qu’on y  est allé à reculons la première fois, parce que le café froid, on avait de gros gros doutes (autant le fameux Cacolac, on kiffe, mais du café… bof, on le sent pas trop). Ben on a été bien con de pas gouter avant ! c’est juste délicieux et ultra rafraichissant. C’est surtout un truc typique New Yorkais car si tu demandes un café chaud l’été dans un coffee House : on sait que t’es un touriste. Ici, l’été, le café est une boisson rafraichissante (mention spéciale pour l’édition limité de Starbuck qui fait un machiato caramel à base de lait de coco, le « Ice coconut moccha »)

9: Personne ne te juge.

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Si tu savais comme c’est génial de sortir, se balader dans la rue, et de voir tout le monde aborder son propre look, sa propre couleur de cheveux….et tout le monde s’en fou ! Ici c’est juste genial ! Des piercings au tatoos, du style rock, rap, retro, steampunk, gotique, lolitas, Kawai, du costard 3 pièces aux chaussettes dans les tongs : ici ton look c’est ta personnalité, donc c’est ta force. Et tu peux travailler comme ça, on s’en fou (tant que tu fais du bon travail).  Pour te dire : la semaine dernière, j’ai vu une femme faire ses courses en pyjama ! Mais personne ne l’a critiqué, insulté. Non. On a tous fait notre course parce qu’après tout  : elle fait ce qu’elle veut.  Dans le métro, c’est tellement beau de voir tout le monde si différent, et c’est encore plus beau de n’entendre personne insulter ou critiquer ou juger la personne. Ici, chacun fait sa vie, et tant que ça ne te force pas à changer la tienne : tout va bien. Et c’est une putain de liberté dont je ne pourrais plus me passer.

8 : Le deli

Quand tu te ballades à New York, à tous les coins de rue, de partout, tu trouves des Deli. Un Deli, c’est ça :

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En apparence, ça fait pas, mais alors pas du tout envie. Et pourtant…. S’il te plais, quand tu viendras à New York, (après être allé à Shake Shack et Chipotle) arrête toi dans le premier Deli qui passe et fait l’experience américaine de manger un putain de sandwich ! Les Delis tu y trouve de tout : des salades des hamburger des sandwichs, certains ont même des buffets où tu fais ton repas. Mais tout  est frais et tout est delicieux. Tu vois les Sandwich que mange Joey dans Friends ? Ben voilà. C’est que dans les Delis que tu trouveras un sandwich comme ça : straight-from-new-york.jpg

Préparé à la commande devant tes yeux. Comme Subway…Mais en tellement meilleur !!!!

7 : Le Dunkin Donut

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On reste dans la bouffe, mais Le Dunkin Donut… Non, je pourrais plus m’en passer. 2$ en moyenne pour un donut, 4$ les 10… Et c’est super bon ! Ici, y’en a tous les 2 blocs, tu peux pas les louper, c’est la seule chaine vraiment spécialisé dans le Donut. Je te conseille le « Boston Cream » : on sait pas à quoi est la crème dedans (et en fait, je veux pas le savoir), mais c’est super bon. Par contre leurs cafés sont dégueulasse. Mon objectif : réunir un jour les bons cafés de Starbuck (et leurs patisseries à chier) et les donuts de Dunkin donut, le tout dans un magasin. Oui, j’ai des objectifs très difficiles, mais c’est un peu la base de ce blog non ?

6 : Le IceCream Sandwich

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On fini avec les bouffe, mais je ne pourrais plus me passer du Ice Cream Sandwich ! C’est ici à new York qu’a été inventé le premier. 2 gateaux, de la glace…et c’est tout ! bon on va pas faire 15 ans dessus, mais c’est juste une tuerie. et si tu vas à dans un glacier ici, tu peux même choisir la glace que tu veux entre 2 cookies que tu veux. vraiment bon.

5 : Les règles de circulations.

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J’ai eu la chance de conduire plusieurs fois ici (maintenant je peux plus, car après plus de 3 mois, ils faut passer le permis de l’état de New York) (tu comprends pourquoi tout le monde prend des taxis ?) et y’a 2 règles de conduite dont je ne pourrais plus me passer.

  • Si à un feu rouge, tu veux tourner à droite, tu peux brûler le feu. Et oui ! tu sais le nombre de fois où tu t’es dit « putain ils pourraient mettre une flèche orange pour tourner à droite  !  » Ben ici elle est tout le temps là. à un feu rouge, si tu veux tourner à droite et que tu gènes personne, tu peux.
  • à un carrefour, les gens passent par ordre d’arrivé. Oui, y’a pas de céder le passage ici. Dans un carrefour , tout le monde se cède le passage par ordre d’arrivée des voitures. Et le truc génial c’est qu’ici, les gens respectent cette règle. Tout ce fait dans la plus grande logique et le plus grand respect.  Forcément on se pose la question du : est-ce que c’est possible une telle règle en France ?

4 : Les fontaines dans les parcs pour enfants

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A quoi on reconnait un enfant touriste d’un enfant New Yorkais ? Le New Yorkais va au parc d’à côté….en maillot de bain. Ici l’ensemble (et j’insiste sur l’ENSEMBLE) des parcs pour enfants , sont équipés de fontaines à eaux. Du plus riche parc de Greenwitch au plus miteux du Bronx (on l’a fait aujourd’hui le Bronx, donc je confirme), TOUS les parcs ont des jeux à eau ! On se plaint que les enfants doivent s’hydrater l’été, ici, il suffit juste de les emmener au parc. Mes enfants peuvent passer des heures à jouer dans les fontaines, et je sais qu’ils ne pourraient plus s’en passer.

3 : « Bonjour, comme ça va ? »

La politesse. ici ils sont super polis ! « Hi, how are you doing » ? Hi how are you », « you’re welcome ». On te demande toujours si tu vas bien, c’est pas juste réservé aux gens que tu connais. Tout le monde va te demander comment tu vas, te souhaiter une bonne journée, te dire de prendre soin de toi, s’excuser, te souhaiter de bonnes choses. Une femme marchait dans la rue, elle a dit un gros mot, elle a vu mon fils à côté : elle s’est excusé ! Des fois je porte la poussette seul dans les escaliers du métro, les gens pressés s’excusent de ne pas pouvoir m’aider. Ils ont beaucoup de défauts les américains, mais ils sont polis !

2 : Ne plus jamais se perdre

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Si comme moi tu est capable de te perdre dans ton propre garage (je te jure que ça m’ai arrivé) ou dans le parc de Parilly (c’est pas de ma faute, je suivais un ecureuil, c’est lui qui m’a perdu), alors  : Welcome to New York ! Il est impossible de se perdre à New York ! Même moi je ne me perds pas à new York ! je me suis perdu à Avignon, à Villeurbanne, Montpellier, à Pouzol (haute Loire)…Mais pas ici. Pourquoi ? Regarde, c’est simple. Les Avenues vont de 1 à 10 de droite à gauche ! Et les rues vont de 1 à 200 de bas en haut ! Voilà c’est tout ! C’est un putain de quadrillage ! Si je te dis que Time Square c’est à la 42th Street et la 7th Avenue, t’as juste à regarder où tu es, et à jouer à la bataille navale. C’est impossible de ce perdre ici, car comme  c’est des chiffres , tu sais toujours dans quel sens tu es, si tu montes , tu descends, si tu vas à gauche ou à droite.

1 : Les horaires

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Aller acheter un livre un dimanche à 7h du soir, aller faire ses courses à 22h, ne pas se poser la question de « quel resto est encore ouvert à 10H du soir ». New York : la ville qui ne dort jamais. Ouai, c’est peut être ça qui me manquerait le plus : le fait de ne jamais tomber sur un magasin fermé et de pouvoir faire ce que je veux, quand je veux. Je ne me pose plus la question de faire mes courses ou mon linge un dimanche, ou si la boutique est ouvert entre midi et 2. Non. Parce que cette ville ne dort pas, et les habitants non plus, alors tout doit être fait pour qu’ils puissent vivre à n’importe quel heure. Je ne veux pas lancer le débat sur « travailler le dimanche » ou « le travail de nuit » (c’est pas le but de ce blog). Mais des magasins ouverts le soir et le week end c’est une ville toujours vivante, toujours illuminée, avec toujours des gens dans les rues. Et je m’y sens bien. Et je m’y sens libre.

Si je n’ai pas de nouvelles à te donner, la semaine prochaine je fais l’inverse « les 10 trucs qui me casse le plus les couilles ici ». Si tu as des idées de Top 10, écris moi. si tu as des commentaires à faire, ou des trucs à rajouter, commente, n’hésite pas. Ce blog, c ‘est aussi le tiens.

à celui qui m’a lu.

Rémy.S

 

Catégories : Non classé

Et pourtant je veux y croire…

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A celui qui me lit…

« Je veux croire ». C’est ce que veux dire la photo. Si tu ne connais pas, c’est le poster qu’a Mulder, dans son bureau, dans la série « X files ». Cette phrase….Putain cette phrase veut dire tellement de chose pour moi ! Elle représente pourquoi je fais ce travail, la base même d’un esprit optimiste, déterminé… Je suis né avec cette phrase et c’est ce que je veux qu’on mette sur ma tombe (ou mon urne, ou mon sac plastique, enfin là où on voudra bien me mettre et où je ferai chier personne).  Je veux croire. Pourquoi je te parle de cette phrase ? Parce que ça fait 3 semaines que j’ai pas écrit sur ce blog, que j’ai hésité à écrire cet article… Parce que je vais tout simplement répondre a cette question qu’on me pose tous les jours : alors : ça va ?

L’application mobile, pour le moment est un échec. La page Facebook a été lancé depuis un mois, et j’arrive à peine aux 100 likes. J’ai contacté toutes les associations de sourds et malentendants. Leur réponse : « super idée ! c’est génial ! enfin ! ». Et quand je demande de partager ma publication : « ah ben désolé on partage que les gens avec qui on est en partenariat ».  Tout le monde trouve mon idée géniale, mais personne n’en parle. Le financement participatif aussi ne décolle pas. Je pense que je dois être un échec record sur Kickstarter car pour le moment après un mois, sur 100 000 dollars, j’ai….80$ ! (je remercie par ailleurs les 5 personnes qui ont donné).  L’idée de créer un festival international de théâtre à NY pour promouvoir l’appli,  de faire venir les copains pour la tester à NY, de créer un logo, une pub…. ben ça le fera pas. Jamais j’aurai cet argent dans un mois. Je dois donc trouver un autre moyen de faire connaitre et de lancer cette application.

Et pourtant, je veux y croire. 

Financièrement c’est plus que tendu. Ici la vie est super chère et Sandrine a un mi-temps. On est dans nos réserves, on compte le moindre centimes. Pour faire simple : on se fait pas un seul plaisir. finit même le menu a 4$ de chez Wendy’s ! Tolérance 0. On vit avec 60$ par semaine, pour 4 personnes dans l’une des villes les plus chères du monde. On regarde dans les magasins, on voit ces belles photos de vacances ,  d’objets à vendre, de recettes à cuisines ,sur Facebook.  On va devoir bientôt déménager, donc payer au minimum un mois de loyer et un 2ème mois en caution (pas de garants).  Le moindre écart et on peut plus déménager.

Et Pourtant je veux y croire.

Déménager ! Putain ça c’est un rêve ! ça fait 2 semaines que Sandrine cherche la perle rare, l’apart qui nous accueillera : dans un T1 alors qu’on est 4, dans un quartier pas coupe gorge, ou pas à 3h de train, sans garant, et avec un seul mois de garantis. Autant chercher le wifi et la 4G dans la Creuse !  Elle fait tous les sites, contacte toutes les annonces Facebook, poste des annonces de partout. on doit partir dans moins d’un mois.

Et pourtant on veut y croire.

Le boulot ? Je me démerde pour faire du job au black à droite à gauche : une vidéo par si, une séance photo par là. Pour le moment, tout ce que je trouve, c’est pour la rentrée. Je viens de rencontrer une Cie de théâtre de malade avec laquelle y’a eu un vrai coup de coeur réciproque.  Je vais bosser pour eux toute la saison prochaine. J’ai tourné dans un clip (pas payé) , je vais tourner dans le fameux pilote de série (50$ pour 4 jours de tournage). Je donne aussi des cours de français en utilisant des exercices de théâtre. J’ai une élève. Elle adore, elle m’a poussé à mettre des annonces de partout en disant que « théâtre + apprentissage de la langue, c’est génial ! ».  C’est franchement de la débrouille. C’est de la survie.  Sandrine a toujours son mi-temps, pas de plein temps pour le moment malgré des  journées entières à répondre a des annonces. Quand a mon boulot avec papy, c’est de pire en pire car le gars est jaloux. Plus je fais du bon travaille, plus ces clients disent du bien de moi (et pas de lui) et plus il me donne des tâches ingrates de « copier/coller ».

Et pourtant on veut y croire.

On est crevé. 2 ans maintenant sans prendre un week end, une journée de repos. 6 mois avec des nuages au dessus de la tête et toujours les mots VISA ARGENT TRAVAIL LOGEMENT qui tournent autour de nous. Impossible de penser à autre chose. On se lève « problème », on mange « problème », on travaille « problème » on se couche « problème ». Une pression constante de tous les côtés qui fait qu’il est impossible de se libérer, d’avoir ne serait-ce qu’une seconde de relâchement. Car c’est peut-être dans cette fraction de seconde que tout va basculer, qu’on va voir l’idée qu’on a pas essayée avant, ou que la 250 000ème bouteille jetée à la mer va enfin revenir. 3h de vélo par jours (d’ailleurs j’en fais tellement j’ai pété le vélo, papy m’en a donné un autre) à 40° pour économiser le métro et la pression permanente, font que j’arrive physiquement à un point de fatigue qui ferait passer un mois au Festival d’Avignon pour des vacances au Club Med. Là, c’est pas un spectacle qu’on a mis en jeu et auquel on essaie de donner vie. C’est à notre nouvelle vie elle même.

Et pourtant, je veux y croire.

C’est la merde ! Franchement je vais pas te mentir, j’ai juré d’être honnête sur ce blog. c’est super dur !à, ça fait 6 mois qu’on est là, et ça fait 6 mois qu’on pousse, qu’on galère, qu’on sert les dents, et putain c’est de plus en plus dur car y’a pas de net amélioration et la fatigue, elle, ben elle continue. 2 ans à tout donner sans relâche pour partir, 6 mois à foncer sans s’arrêter et à,  malgré les coups durs, pleurer 1h, et se remettre en route. Nous vivons exactement ce qui fait que 80% des gens ne tentent et ne tenteront jamais ce qu’on fait ( tout en rêvant de le faire). On est seul, ici, dans la plus grande ville du monde, à tenter de survivre, pour ensuite pouvoir vivre, et ensuite pouvoir réaliser nos rêves.  Depuis 6 mois on se bat, on ramasse, on pleure 2 secondes, on a une lueur d’espoir et on recommence.

Mon prof de sport, quand j’étais en cours d’acteur, ne cessait de répéter qu’on connait pas ses limites. Quand tu fais un effort physique, entre le moment où tu lâches parce que « putain t’en peux plus » , et le moment où ton corps lâchera parce que « vraiment là il en peut plus », y’a une différence énorme, mais vraiment colossale. On ne connait pas ses limites. Ce qu’il m’a appris en fait, c’est qu’on baisse les bras systématiquement bien avant le moment où on est obligé de les baisser. Alors que si on pousse à fond, on y arrive. Faut juste passer ce cap où le mental te joue des tours en te disant que « t’en peux plus ». ça s’appelle « se surpasser ». ça fait maintenant 6 mois qu’on est dans cette zone. On est crevé, tout nous pousse à arrêter…

…Mais on est là. Un peu comme… Comme quand t’as mal, mais t’as tellement mal qu’au fond tu ressens plus la douleur. Tu luttes juste pour survivre. Parce que justement on est dans le moment où on a plus le choix ! je veux dire : c’est trop tard ! La ligne de départ est bien trop loin et il est hors de question de vivre et d’en baver autant sans résultat. Parce que justement, on veut croire. On veut croire à cette putain de justice que le travail paye, que la roue tourne, ou ce que tu veux. On veut croire tout ce que tu me dis par texto, par message commentaire ou autre, que « plus c’est difficile plus le résultat sera énorme » (ou comme tu me l’as écrit « le chemin est difficile, mais la vue sera superbe »). On veut croire qu’on fait pas tout ça pour rien, qu’on a pas tout sacrifié pour rien. On veut croire qu’un rêve c’est dur à réaliser, mais dur ça veut pas dire impossible. Et que c’est dans ce que l’on vit là, aujourd’hui, que tout se joue, parce que c’est à cet endroit où les autres renoncent ou renonceraient. Et on veut croire qu’on est pas les autres.

Alors pour répondre à ta question : Non. ça va pas. Mais bientôt, ça ira super bien.

Et ça on y croit. Non. Ca on le sait.

 

A celui qui m’a lu.

 

Rémy.S

Catégories : Non classé

Du jeu et du hasard…

A celui qui me lit…

Et oui, je suis encore debout. La claque du Visa O ne m’a pas couché au sol, elle m’a juste sonné. Je sais qu’elle t’a sonné aussi, que tu n’as pas su quoi me dire. Moi non plus j’ai pas trop su. Tu passes 2 ans et 4 mois a chercher un truc, et quand tu le trouves il est sans valeur, inutile et tu le jette à la flotte. Ah, ce Visa O…. Je peux te dire que cette claque je m’en souviendrai. Mais non, elle m’a pas tué, je vais pas rentrer en France, je vais pas abandonner ce projet. J’ai toujours comme objectif,  en Septembre, d’avoir mon 1er vrai appartement ici, d’arriver à m’installer, et de conclure ce blog en te disant  » je l’ai fais? viens me voir maintenant pour savoir la suite« .  J’ai toujours comme objectif d’écrire à New York. Non je renoncerai pas. Tu m’as demandé cette semaine en message comment je faisais pour continuer. Tu veux savoir ? Mon secret, c’est que je vois pas cet expérience comme une aventure. Je la vois comme….comme un pari. Je dirais même plus : comme un jeu.   Et jouer : c’est toute ma vie.

Et parce que j’aime autant jouer que voir jouer les gens, il y a 2 semaines, j’ai eu la chance d’aller voir mon premier match de Baseball avec mon fils. Les METS VS ATLANTA ! On était comme des dingues. J’ai découverts un point de vu de l’Amérique que je ne connaissais pas : le côté sportif.  Ah ben j’ai pas été déçu !

Déjà, je peux te dire que quand tu arrives devant le stade, tu te sens…tout petit !

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Et quand tu passes la sécurité, qu’on te donne ton t-shirt gratuit (un vendredi par mois c’est le « Friday free t-shirt game », on t’offres un t-shirt avec le nom d’un joueur dessus), quand tu arrives dans le hall d’entrée du stade… tu lèves la tête et tu fais « wow » !!!!

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Et ça, c’est juste pour aller au 1er étage. Nous, on avait les places les moins chers, à 20$ (ça peut aller jusqu’a 200$ pour être tout en bas et devant). Alors on est monté…monté…monté… 6 étages. Et nous avons découvert l’intérieur d’un stade de baseball. Pourquoi c’est si grand ? Parce qu’entre la façade extérieur (1ère photo) et les gradin et le stade :  y’a des restaurants ! Chaque étage est composé de 20 ènes de stands de fast food et y’en a pour tous les gouts : hot dogs, poulets frits, fruits de mer, glace, sandwich… Des escalators jusqu’aux gradins, tu passes devant des stands de bouffes à perte de vue. Une fois avoir assez grimpé, on arrive à nos places, tout en haut. Je croyais que c’était grand. Je pensais pas autant. C’est la première fois que j’ai le vertige en étant assis  !

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Immense ! Bref. Equipé de nos hot dogs et de nos nachos (fromage fondu sur des chips mexicaine) le match a commencé. Bon, le Baseball, c’est pas très intéressant. Et les Mets sont pas réputés pour être une super équipe. Et pourtant Putain qu’est-ce qu’on s’est amusé ! Pourquoi ? Parce qu’un écran géant nous fait crier toutes les 5 minutes pour encourager l’équipe, parce qu’on nous fait faire la hola tout le temps, parce qu’une animatrice passe dans les rangs pour faire gagner des cadeaux. Ici  le sport : c’est un show ! Mais le show est autant dans les gradins que sur le terrain . Le spectateur joue aussi ! Mon loulou s’est éclaté, on a hurlé « let’s go Mets » a s’en péter la voix… 3H de spectacle. Mais rien que pour voir le stade la nuit : ça vaut le coup !

 

Tu sais pourquoi j’aime jouer ? Parce que je crois pas à la chance. Je crois que quand tu joues, tu maitrises, tu es ta chance. C’est toi qui provoque l’impulsion. Gagner au loto : c’est de la chance. Mais tu as choisit de jouer, et tu as choisit les numéros. Le choix, tu l’a tout le temps. Si tu choisis, tu maitrises… tu me suis ?

Y’a 2 mois, j’ai joué, j’ai tenté. J’ai envoyé aux 250 agents artistiques de New York mon CV et ma photo (je remercie Magali qui m’a d’ailleurs imprimé tous mes CV et envoyé ça par la poste). Quelques semaines plus tard un agent a répondu, elle m’a appelé pour me dire que j’allais être « mis en service dans son agence ». Je renvoie le dossier, lui explique que je suis étranger. et….plus de nouvelles.  Quand on me répond pas, je suis une tête de con : je relance jusqu’à ce que j’ai une réponse. Je ne supporte pas l’indifférence, j’estime que c’est l’absence de réponse qui est malpoli, pas le fait de demander une réponse. J’ai relancé pendant 2 mois à raison d’un mail par semaine. Mardi…elle m’a appelé. Si je t’en ai pas parlé avant, c’est que la partie était pas fini, je savais pas si c’était oui, ou non. Maintenant je sais.

Et c’est donc officiellement que je t’annonce que j’ai un agent ! Je suis entré dans une agence artistique comme comédien. Et…Mes enfants aussi car elle cherche des enfants pour des pubs ! ici un agent (comme partout) c’est une certaine reconnaissance. Elle m’a expliqué avoir eu un coup de coeur sur mon parcours, elle a adoré ma bande démo, et, elle m’a dit que mon accent américain était très intéressant. 1 agent sur 250 courriers envoyés. Fallait osé, fallait parié, fallait…oser jouer !

Un peu comme le casting dont je t’ai parlé la dernière fois. tu te souviens ? Le fameux call Back ? Ah oui, j’ai fais n’importe quoi à l’audition, et j’y croyais pas une seule seconde… Alors imagine ma tête quand j’ai reçu un mail comme quoi…ben…j’avais été pris ! Et oui ! 5 mois après mon arrivé aux USA je vais tourner dans le pilote d’une série TV ! Samedi dernier j’avais ma réunion de production pour signer mon contrat (c’est pas payé bien sûr). La productrice scénariste m’a dit, qu’a la base elle recherchait un irlandais, et que, suite à ce que j’ai proposé en audition, elle a écrit d’autres scènes à mon personnage. J’ai donc une semaine de tournage en aout qui m’attends pour tourner dans le pilote d’une sitcom US. Fou non ? Je sais pas si ça va marcher, si elle va être vendu. Après tout, c’est pas mon problème, pour une fois, je suis JUSTE acteur. Je vais faire ce qu’on me demande. Mais j’avais jamais passé d’auditions de ma vie, et la 3ème ici je suis pris ? C’est hallucinant parce que ça, je m’y attendais pas.

C’est pas une aventure, c’est un jeu. Un jeu dangereux, parce que je joue avec ma vie et celle de ma famille…Mais c’est un jeu. Et comme dans un jeu, je maitrise, je provoque la chance, je tente… Et tout peut arriver. Parce que depuis le début de cet histoire, rien ne se passe comme prévu, dans le bon, comme dans le mauvais. Quand on est sûr qu’une chose arrive, elle foire, et quand on croit pas à quelque chose, ça arrive et ça nous sauve. Impossible à prévoir ! Parce que l’adversaire en face est imprévisible. Tout ce qu’on peut faire, c’est croire en nous, continuer coute que coute à suivre notre intuition, encaisser les coups en les rendants. On va gagner. On l’aura aux poings, sur l’endurance au tir au but ou peut importe, mais ce putain de pays va s’épuiser avant moi, parce que je suis un joueur. Et plus il me provoque, plus il me blesse…Mais plus il me donne aussi des indices de faiblesse pour remporter le jeu à la fin.  La preuve en est : 5 mois ici et , malgré les mauvaises nouvelles, je suis quand même capable de te dire que ça avance. Imprévisible est fou… C’est un jeu fait pour moi !

A celui qui m’a lu.

 

 

Remy.S

 

 

P.S : et j’ai lancé cette semaine la page de mon application ainsi qu’un Kickstarter pour m’aider à financer ce projet. franchement, je comprends que tu puisse pas donner d’argent, y’a pas de soucis.  Si tu peux juste liker et partager la page Facebook (https://www.facebook.com/appDotS/?ref=aymt_homepage_panel ) C’est cool. Je te remercie.

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ça avance… Mais y’a un « Mais ».

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A celui qui me lit…

L’élément perturbateur. Tu connais ? Bon, petite leçon scénaristique. Quand on écrit un scénario, une histoire, il y a toujours la situation A, dite « situation initiale », l’élément perturbateur le fameux « mais », « quand soudain »  » tout d’un coup »…. Et la situation B aussi appelé « situation finale » qui est censé avoir résolu le problème tout en améliorant la situation initiale.

Une histoire c’est A, qui à cause de problèmes, devient un B un peu mieux.  C’est la base d’un scenario et d’une bonne histoire. sans élément perturbateur, c’est une vie simple, sans problème donc sans combat…et le spectateur s’emmerde.

J’ai mis longtemps à t’écrire ce mail car je pensais que j’allais t’emmener une situation B… Alors que je vais t’emmener un « élément perturbateur »  (et là ce que je fais, ça s’appelle du suspens, parce que maintenant tu veux savoir) (oui, je suis scénariste ! chacun son metier ! )

On s’est laissé j’avais enfin trouvé un stage pour remplacer celui de papy en Octobre. c’était la fameuse bonne nouvelle, celle que tu as d’ailleurs commenté en me félicitant. Ben j’ai rencontré le gars. Début Juin, j’ai eu un rendez vous dans son bureau à Roselles New Jersey, 35 minutes de bus (dont 20 de Lincoln Tunnel) (juste, le Lincoln Tunnel, si tu connais pas, c’est le tunnel qui a tout heure fait passer « Fourvière heure de pointe » pour le tunnel de Maubeuge). Un entretient extraordinaire ! il connait mon site Internet par coeur et veut que je crée un département théâtre pour aider des ados en décrochage scolaire (ça me rappelle vaguement un film que j’ai fais en Crête pour des ados extra dan l’Ain). Je tente le tout pour le tout : « heu…et au lieu de me prendre en stage…tu veux pas être mon sponsor ? » et là il répond « oui, bien sûr. »

Mon coeur s’arrête de battre. Un sponsor ? donc Visa O artiste ? Donc 3 ans renouvelables sur le sol Americain et une reconnaissance en tant qu’artiste ? 3 mois de boulots et enfin, je trouve LA personne qui veut bien me sponsoriser.

Depuis le 10 Juin, un poids s’est envolé car ça y est, un problème en moins. Tout ce qu’on a à faire maintenant c’est contacter des avocats , trouver le bon…Par contre Sandrine doit impérativement trouver du boulot. Parce que on peut rester avec ce Visa….Mais sans argent, c’est pas possible.

Depuis 3 mois maintenant, Sandrine tente de travailler pour une boite de recrutement. Premier entretient bien passé, 2ème…et puis ça traine. La patronne prend son temps voyage beaucoup…. « rappelez moi la semaine prochaine » dans 2 semaines », « envoie moi un mail ». Pour arriver à « rappelle moi mi Juin ». La semaine dernière elle tente le tout pour le tout « je vais les contacter tous les jours jusqu’a ce qu’elle réponde » (bon, elle a finit en disant « cette pute ») (non, en fait c’est moi qui ai fini comme ça). et Vendredi dernier enfin une réponse…..Sandrine…. n’a pas le job ! des vrais pétasses ! 3 mois pour lui dire « on a finalement pas besoin d’une assistante mais d’une recruteuse…Mais l’entreprise qui bossera avec toi aura beaucoup de chance« . Je retrouve donc Sandrine en pleure dans un parc avec les enfants. Elle y croyait, on lui l’avait fait miroiter . On s’y attendait pas.

On part faire les courses. Quand sa va pas, je pense qu’il faut : dépenser de l’argent et bouffer de la merde. Nous on a pas beaucoup d’argent alors on a dépensé pour manger de la merde. On est à la caisse et Sandrine reçoit un appel.

Parce que la veille, voilà ce qui s’est passé. Alors que je passais une audition pour le pilote d’une série télé (si si j’te jure, super audition, très sympa, j’en reparle après) je vois une annonce « Urgent recherche animatrice pour donner cours de français ». Qui ne tente rien… je dis à Sandrine de postuler qui y répond  sans grande conviction.  Ben c’est lui, le gars, qui l’appelle, et qui veut la voir Samedi (y’a 4 jours) pour un entretient. On rentre à la maison et j’apprends que j’ai « un call back ». Un call back c’est quand tu réussis une audition et que le directeur veut te revoir. En fait, le texte, je le trouvais tellement nul qu’a l’audition j’ai pas réfléchi, j’en avais rien à foutre,  donc j’ai lâché prise, et ça a marché.

Samedi, Sandrine va a son entretient. Et….. Et elle est prise ! Elle va donner des cours de français à des jeunes anglais dans une école et….la super nouvelle : notre fils a le droit d’y aller gratuitement tout l’été ! Enfin il va se refaire des copains, retourner à l’école et sortir de cet appartement. (et c’est un beau cadeau de son employeur car le mois, par enfant, et pour 5 matinée par semaine, c’est 4000$).    Le « Mais » ? C’est qu’un mi-temps pour le moment donc financièrement ça va être vraiment tendue. Par contre, c’est un boulot, c’est entrer dans une boite, c’est de l’argent (pas beaucoup mais un petit peu) qui rentre. On passe le samedi et le dimanche comme des dingues : Sponsor, boulot, et call back.

MAIS.

et celui là, on l’a pas vu venir.

Lundi j’avais rendez vous avec une avocate. Une consultation gratuite. Elle regarde mon dossier, et oui, bonne nouvelle, je suis eligible au visa O. Yeah !!! Bonne nouvelle, j’ai un sponsor. elle me dit que le gars à Roselle ça marche pas, mais que Papy peut l’être et que ça lui coute rien. Yeah !!!!   et là elle me dit « et votre femme va faire quoi pendant ce temps ? » moi : ben elle va travailler ! .

Et là elle me dit que les époux de Visa O n’ont pas l’autorisation de travailler. « en fait, comme c’est un visa de talent extraordinaire, on part du principe que ce talent vous a rendu riche avant et continuera a vous rendre riche ici. donc votre épouse a pas besoin de voler le potentiel boulot d’un américain ».  Elle a continué à parlé mais j’ai pas écouté. J’ai passé 3 mois à trouver un sponsor, a enfin trouver comment être comédien ici. Mais si je le suis, ben on peut pas vivre. J’ai donc un choix qui est : être comédien et vivre sous les ponts avec mes 2 gosses…. Ou continuer à râmer.

Tout ce qui s’est passé l’après midi je m’en souviens pas. ce que je sais, c’est que j’ai été a mon « call back » et que ça c’est bien passé. J’ai rencontré une comédienne qui a un visa O. Elle vit de son metier ? Non. 99% ici n’en vivent pas. elle est prof de yoga babysitter serveuse au black. 99% des comédiens étrangers ici vivent du black car pas d’intermittence du spectacle, et pas le droit de travailler d’en d’autres domaines.Même en bossant au black, je pourrais pas faire vivre 4 personnes dans l’une des villes les plus chers du monde.

Lundi, cet élément perturbateur a mis une parenthèse a ma carrière de comédien. Tu crois aux signes ? Je crois pas au destin, mais je pense que le monde est quand même bien fait que des fois, la vie te fou sur un chemin quand tu te perds. Je suis  pas venue ici pour être comédien. Je suis venu ici pour être ecrivain, scenariste, pour vendre mon concept d’application mobile, et aussi pour être comédien. Cet élément perturbateur m’a simplement remis sur le chemin de l’écriture. Comédien ça a jamais été mon metier. C’était mon hobbie.

Je te dis ça maintenant mais Lundi soir je pleurais parce que j’y ai cru. Ce visa c’était tout pour moi, ça faisait 2 ans que je le préparais. Ben il est pas pour moi, et je remontrais profesionnelement sur scène quand j’aurai une green card. Donc vraiment pas tout de suite.  Je suis en train de le digérer.  Mais c’est pas le plus « perturbateur ».

Le plus perturbant dans cette nouvelle c’est que ça veut dire que le Visa de 3 ans c’est pas possible. Donc ça veut dire que je dois continuer avec papy jusqu’en aout 2017, qu’après Sandrine doit trouver un stage (les stages ici c’est 18 mois).  On passe de 3 ans, à 2 ans et 4 mois. 2 ans et 4 mois pour , soit avoir la green card, soit dans nos boulots respectifs (car quand Sandrine aura un stage je pourrais ENFIN travailler), réussir a tellement bien travailler qu’on signera un Visa de travail.

En 5 mois, j’ai réussi a trouvé un partenariat pour mon application mobile (tu recevras un mail dans quelques jours, je lance un Kickstarter pour nous aider à le financer), j’ai été 2 fois dans le NY Times, j’ai trouvé un sponsor (inutile mais quand même) passé 5 castings don 1 call back pour le pilote d’une série TV, J’ai rencontré Ben Stiller (voir photo en PS) et depuis vendredi je travaille avec William Electric Black, un auteur metteur en scène qui a eu 7 emmy awards car il était auteur pour « Sesame Street » (il m’adore, on se text tous les jours) et tous les clients de papy lui disent que je suis le meilleur stagiaire qu’il ai jamais eu. Quand a Sandrine, elle a passé plus de 15 entretiens , a obtenu l’autorisation de travail, et a enfin trouvé du job, le tout en s’occupant de 2 enfants qui sont extra de supporter autant de choses. Et tout en vivant dans une des villes les plus chers du monde avec un budget bouffe hebdomadaire de 100$ .  En 5 mois, on a fait tout ça. Ouai….Quand même !!!

Oui, j’ai peur. Le Visa O c’était la sécurité. Là, on a pas le choix : 2 ans et 4 mois pour trouver du boulot, sinon, c’est foutu. Oui, ce visa c’est un echec, oui ça veut dire que je vais encore devoir supporter papy et son stage de merde (bon, j’ai quand même rencontré Ben Stiller) pendant plus d’un an. Et oui, la perspective de ne pas encore avoir une reconnaissance, d’être un stagiaire pas payé pendant encore un an, et après d’avoir que 18 mois pour trouver LE boulot qui me fera rester…. je suis mort de trouille. Cet evenement perturbateur relance tout. Sandrine a un boulot, mais là, on doit prendre un autre chemin parce que celui là c’est pas le bon.

MAIS on reste debout. On va le réaliser ce putain de rêve !  Parce que…Si on fait en 2 ans et 4 mois ce qu’on a fait en 5 mois…. On y arrivera, ça ne fait aucun doute. Et si il y a un élément perturbateur…. ça veut dire aussi qu’il y a une amélioration de la situation et une belle fin. C’est ça une histoire non ?

 

A celui qui m’a lu.

 

 

P.S : et oui j’ai rencontré Ben Stiller. OK, je raconte. Papy me traine aux cérémonies des OFF Broadway Awards. J’avais pas, mais alors pas envie d’y aller. petit restau chic, 120 personnes…. Ce que je déteste. La cérémonie commence, je m’ennuie. et comble du comble, Papy au bout d’une heure me dit « ma fille a un soucis avec son boulot, je m’en vais . reste ». Le con ! Moi je me dis que je vais surtout attendre qu’il soit parti pour partir après. Et là, le award de la meilleure comédie est remise à une actrice blonde, qui est venue avec son mari : Ben Stiller !   il était à 3 tables de moi depuis le début. La cérémonie se termine, je me dit « Rémy, tu vas pas aller le faire chier, c’est pas le lieu pour faire ton fan de la Star’Ac ». D’un autre côté… »t’as souvent l’occasion de rencontre une de tes idoles ? » Je m’avance… je respire un grand coup… Et c’est lui qui a avancé dans ma direction. Par reflexe j’ai lancé un « Monsieur Stiller ?« …. et là je lui ai demandé une photo avec lui, il m’a demandé qui j’étais  et ce que je faisais là. Je lui ai raconté mon histoire, il a trouvé ça incroyable. Il m’a serré la main 2 fois et m’a souhaité bonne chance en me disant de ne surtout pas abandonner.  Un ange ! une grande classe ! J’ai rencontré Marc Levy il se l’ai grave pété, Julien Courbet à Avignon, ou Gustave Parking, Imbuvable ! mais Ben Stiller, Star International, un amour alors que c’était ni le lieu ni l’endroit.Pour lui, ça a été 5 minutes quelconques, mais pour moi ça donne un souvenir inoubliable, et une photo de dingues, qui est jusqu’à aujourd’hui, mon post Facebook le plus liké et le plu commenté, et que je vais me faire un plaisir de remettre ici car tu n’as pas forcément Facebook.

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Be a minority / être une minorité

A celui qui me lit…

Pourquoi j’écris ce blog ? Je l’écris pour 2 raisons. La première c’est de raconter une histoire, celle d’une famille de fous qui a tout plaqué pour tenter l’impossible et réaliser son rêve de vivre aux Etats-Unis. La 2ème, c’est aussi de raconter une expérience, un point de vue, sur un pays, sur une culture. Alors je suis désolé, je vais laisser un suspense, je sais que tu attends de savoir si j’ai trouvé une solution pour mon Visa, si Sandrine a trouvé du travail et si on va mieux. Je vais laisser ça de côté pour une semaine. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, chez moi, y’a un enculé de fils de pute qui a tué 50 personnes dans une boite gay. Et j’aimerai lui adresser un message.

Salut, je m’appelle Rémy, j’ai 33 ans, je suis blanc sans handicap, sans maladie sans religion et hétérosexuel.  J’ai de la chance (si on peut dire) d’être un français moyen, normal. A part le fait d’être « artiste » et de ne pas toujours être dans les cases des formulaires, j’ai eu la chance jusqu’à mes 33 ans d’être dans la norme, ni trop grand, ni trop petit, ni trop gros ni trop maigre. J’ai même eu cette chance de n’avoir ni lunette, ni appareil dentaire, ni acné à l’adolescence. Un Français moyen je te dis. Vraiment.  J’ai toujours affirmé ma personnalité, donc oui j’ai eu des fois, des remarques, des pointages du doigt, qui font que j’ai toujours voué un culte à la différence, me battant contre le jugement le racisme l’homophobie ou autre. Mais moi perso, j’en étais loin, je défendais les autres, moi j’avais rien par rapport. Un mec normal. Et jusqu’à mes 33 ans, j’ai vécu dans l’ignorance totale que d’appartenir à un groupe minoritaire.

Et j’ai tout plaqué, je suis parti à New York. Depuis 4 mois que je vis ici, chaque jour est une leçon d’humilité, car l’étranger qui vient piquer le travail  c’est moi. L’envahisseur : c’est moi ! Le gars que Trump veut foutre dehors en abolissant le visa H1B : et oui : c’est encore moi.

Depuis 4 mois c’est toujours la même chose. J’ouvre la bouche « t’es d’où ? » . Je suis Français. Et là, on va me parler lentement comme si j’étais un enfant de 4 ans : « Are you From Paris «  ? Ou alors on va me raconter sa vie « J’ai été une fois a Paris » « j’ai un cousin de Paris » « j’adore le vin » « je rêve d’aller a Paris ».  Je suis français, je viens de Paris, parce que la France, c’est Paris, le reste autour, c’est du décors médieval pour des films. Quand j’annonce que je viens de Lyon, je dois alors justifier que c’est une très grande ville…et que c’est pas loin de Paris. Sinon les gars en face décrochent direct. Je suis français donc je viens de Paris ? Maintenant quand on me dit ça je répond : et toi t’es Americain ? est-ce que t’es gros t’as une arme et tu bois du coca ? » . Là, ça les fait rire, ça crée un léger malaise parce qu’ils se rendent compte de leur préjuger. Mais je m’en fou, c’est eux qui ont commencé. C’est le même malaise quand on parle religion. Je suis athée. Ici, faut croire en quelque chose. Alors c’est le même malaise. Français, athée et comédien ? Ouai, je dois chercher à me faire remarquer ! Là, ça commence a faire beaucoup.

Depuis 4 mois c’est devoir épeler ton prénom quand tu dis comment tu t’appelles (mon maitre de stage m’appelle « Regi »), c’est avoir des personnes en face qui répète mot pour mot ce que tu viens de dire parce que ton accent ne leur a pas permis de comprendre un mot dans une phrases de 50.  On te parle comme si tu avais 5 ans pour être sur que tu comprennes parce que si t’es étranger, t’es étranger. On veut pas savoir si tu as des diplômes en anglais ou quoi que ce soit : « Toi venir autre pays ? Toi vouloir miam miam » ? heu….J’ai eu 16/20 au TOEFL , j’ai un niveau B2+ au BULATS !  Mais ça… on te le demande pas.

Depuis 2 semaines je fais parti d’un groupe de théâtre. On s’entraide pour répéter les monologues pour les castings. Au premier jour de présentation, j’étais l’attraction : tout le monde a la fin est venu me dire LE MOT que la télévision lui avait appris « Bonjour » « J’aime Paris » « je parle un peu français, j’en ai fais 2 ans au collège ». C’est marrant, tout ce qu’ils ont retenue dans ma présentation, c’est ça. Tout ce que j’ai dis sur ma carrière ils s’en foutent. Mais dès que le prof dit mes mots « Diderot » ou « Beaudelaire », tout le monde me regarde et me fait des clins d’oeil. C’était drole, parce que, moi, étranger, moi enfant de 5 ans, moi débutant. l’amalgame, le raccourcis : étranger = novice.  Et puis… Et puis la semaine dernière, on devait présenter son monologue. Comme tout le monde a choisi des trucs tristes ou en colère…J ‘ai choisi une déclaration d’amour. C’était la première fois que je jouais en anglais. C’est marrant, ils m’ont encouragé avant genre « eh, c’est bon, on te jugeras pas champion ». J’ai joué. J’en ai fait pleuré 4 ! Le prof ne savait pas quoi dire pour me corriger. Je l’avoue, je suis fier de moi : je kiffe ce monologue, je l’adore, et jouer en anglais c’est génial, et en plus pour leur mettre une claque dans leur gueule : j’ai jamais autant mouillé la chemise en 1 minute. J’ai assuré. Ils voulaient plus passer après moi ! Et enfin, à la fin, on m’a demandé ce que je faisais en France. Je l’avais déjà raconté, mais ils étaient resté à « français » comme d’autres en reste à gay juif handicapé aveugle, musulman transsexuel noir arabe séropositif. Il a fallu que je prouve que j’étais autre chose que cette putain d’étiquette.

Parce que c’est ça ! Ici, quand je suis dans la rue quand je travaille, j’ai un mot sur le front : « français/étranger », et je dois déployer de l’énergie, faire mes preuves, me défoncer, pour arriver a effacer ce mot et y mettre « artiste » « père de famille » ou autre. Quand je suis dans le métro et que je parle français, on me regarde, on chuchote. Y’a toujours un regard. 90% du temps je m’en fou. 10% j’ai envie de leur dire  » Oui je suis étranger et alors ? Non j’ai pas envie de parler anglais parce que je suis avec ma meuf et elle est française aussi. C’est la seule chose qu’on a gardé de chez nous, notre langue ! J’ai le droit de la garder ? C’est pas parce que je parle français que je parle pas AUSSI ta langue ! t’en fais pas , je suis pas un fraudeur, j’ai un Visa ! je viens pas piquer ton travail, j’en ai rien à foutre de toi. je fais ma vie ! Et fais la tienne putain fais la tienne ! « 

Alors à toi qui est raciste homophobe misogyne xénophobe antisémite, à toi qui voit la différence comme un danger, qui pense que les arabes sont des voleurs qui pillent la France, les roumains de la vermine qui s’installe illégalement, que les blondes sont connes les gros sont moches, les gothiques des suicidaires les homos des pédophiles incapables d’élever des enfants… Toi qui est capable de manifester pour empêcher des gens de même sexe de se marier (alors qu’on te force pas à être homo toi aussi, je veux dire, ça n’a rien à voir avec ta vie), toi qui va fracasser des noirs avec tes potes parce que tu veux protéger ton pays (alors que c’est le leur aussi), toi qui va frapper une femme parce qu’elle t’obéit pas, humilier un gros un grand un vieux un punk un trans un mec en fauteuil un bègue….Toi qui va dire que l’homosexualité c’est une maladie, qui va renier ton enfant parce qu’il se marie avec un musulman, toi qui pense que tu es normal et que le monde doit être comme toi ou mourir….

Je t’invite à sortir de chez toi et à découvrir une chose qui s’appelle : le monde. Je t’invite à sortir de ton confort de ta petite maison, de ta famille, de tes amis qui te connaissent tous, et de prendre le risque de te heurter au regard de l’autre. Ici t’es normal ? Ailleurs tu l’es pas.  Je t’invite a faire l’expérience que je vis depuis 4 mois,  de passer de normalité à minorité. Tu verras, c’est une belle leçon d’humilité parce que tu comprends en 1 seconde ce que des gens autour de toi ont vécu toutes leur vie : le regard, l’étiquette, la pression constante de devoir se battre pour prouver qu’on a sa place dans la norme. Tu verras ce que c’est que d’être pointé du doigt moqué jugé…par le simple fait d’être toi. Et j’espère que tu comprendras alors que la normalité c’est juste un concept de merde : parce que ici t’es normal mais 10 mètres plus loin tu l’es pas. Et tu comprendras peut être que le gars rejeté le gars bizarre celui a qui on crache a la gueule et celui qu’on pointe du doigt, du jour au lendemain ça peut être toi. Et qu’a ce moment là, tu pries pour que l’autre en face te face pas subir ce que tu lui aurait fait subir. Mais on le fera pas t’en fait pas. On est peut être « bizarre », mais on vaut mieux que ça.

Salut, je m’appelle Rémy, j’ai 33 ans, je suis blanc sans handicap, sans maladie sans religion et hétérosexuel…et je suis Français ! Et je t’emmerde ! je suis fière d’être une minorité, je veux être une minorité et plus le monde va devenir fermé d’esprit et ben plus je vais en faire des caisses parce qu’on est tous l’étranger d’un autre. Simplement faut sortir de chez soi pour s’en rendre compte.

 

Je dédie ce post à l’ensemble des victimes de l’attentat de Orlando, je le dédie à ceux qui se reconnaitront, et je le dédis également a ma meilleure amie qui se marie avec sa fiancée dans 2 semaines, dans un mariage où il manquera des personnes qui ne veulent pas comprendre qu’on est une personne avant d’être une origine, un handicap, une religion, ou une sexualité.

 

A celui qui m’a lu.

 

Rémy.S

 

P.S : et promis la semaine prochaine, on reprend le cours de l’aventure. Surtout qu’il s’est passé pleins de choses !

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1…2…3…Atchoum !

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A Celui qui me lit,

2 semaines sans t’écrire. je sais. Je suis désolé. Mais ici on arrive bientôt au mois de Juin, et fin Juin ça sera le renouvellement du Visa. Alors on arrête pas, on donne tout pour espérer pouvoir le prolonger avec le Visa le plus long. L’objectif : c’est mon Visa O (artiste) ou un Visa de Stage rémunéré pour Sandrine. On est pas loin, les pistes sont là…. On est crevé ! Tellement crevé que cette semaine, j’ai juste la force de compter jusqu’a 3.

1 Pont.

Il y a 2 semaines de ça, on a fait notre « sortie du week end », le seul moment où on arrête de bosser et où on promène les enfants. Et (je sais que ça va paraitre prétentieux alors que ça l’est pas du tout), on s’est un peu lassé de Central Park ,Time Square et Union Square. On fait toujours les mêmes choses gratuites alors que New York, c’est grand. On a donc décidé de marcher un peu. On est descendu tout en bas de Manhattan, pour se retrouver devant un monstre immense et superbe : Le Brooklyn Bridge.

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Et on l’a pris ! Tu dois faire le pont de Brooklyn, et je te promets qu’on le fera quand tu viendra me voir, parce que c’est juste magique !…..et Blindé ! Oui, on était à peu près 2000 a avoir eu la même idée ! Rajoute en plus une piste cyclable, c’est vrai que tu piétines plus qu’autre chose….mais la vue Putain ! la vue ! On quitte Manhattan et là, on se rend compte dans quel endroit de fou on vit depuis maintenant 4 mois.

Et à ce moment là,  quand t’en a pris plein la figure, y’a le 2ème effet New York, parce que tu descends du pont, tu te dis « bon, je suis a Brooklyn, c’est bon Brooklyn c’est pas top, où est le métro pour que je repart a Manhattan« …. Non. Parce que de l’autre côté de ce pont se cache « Brooklyn Bridge Park », un park qui parcourt la East River. Composé de 6 parks  (6 Pier) (6 ports) a thèmes précis, tu as : Park 1 : un carrousel, Park 2 et Park 3 pour faire du sport Basket Roller, Foot, Park 4 une plage où l’été tu peux faire du canoë gratuitement sur la East River (promis je le ferai et je te raconterai), Park 5 des terrains de Beach Volley et une sculpture tournante (ma photo d’ouverture de ce post) et Park 6…. le royaume des enfants avec ni plus ni moins que  le plus grand bac a Sable de New York (y’a des petites maisons dedans, c’est immense). Sans voix ! Y’a même des tables avec des barbecues (certaines familles en faisaient et fêtaient des anniversaires). Le tout avec une vue plus que superbe sur l’ile de Manhattan.  Pour pouvoir mettre notre fils en école bilingue publique, on va surement devoir bouger a Brooklyn. ça nous a réconcilié ! C’est très très beau et moins bondé que Central park. Un petit havre de paix au bord de la rivière.

 

2 coupes de cheveux.

Mon fils et moi, nous avons été chez le coiffeur. le moins qu’on puisse dire c’est qu’on la pas vécu de la même manière. (je me permets de faire des bisous a la meilleure coiffeuse du monde, sur Lyon, CMMC coiffure a Lyon 7, c’est la meilleure, coucou Maé)

  • La coupe de Cheveux de Loulou.

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Nous avons pris rendez vous avec « Cozy cuts for Kids ». Loulou a même pu via Internet choisir sa coiffeuse. Petit veinard !  Arrivé devant une merveilleuse vitrine chaleureuse, Loulou a été accueilli comme un prince par une charmante jeune femme qui tout de suite lui a demandé de choisir un DVD  qu’il pourra regarder pendant sa coupe.

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Souriante et merveilleuse, Crystal (la coiffeuse) lui a mis le DVD, et lui a donné un appareil pour faire des bulles. Si elle voyait que Loulou faisait la tête, elle s’arrêtait pour lui faire des chatouilles, des bisous, et faire des bulles avec lui. Loulou c’est éclaté ! au moment du sèche cheveux (il en a peur), pas de soucis, elle a rigolé avec lui, a monté un peu le son du DVD et loulou n’a pas eu de problème. a la fin, il a pu choisir l’odeur de son gel (il a choisit Banane). Nous avons payé 35$ (30 euros) mais avant de partir, Loulou s’est vu remettre un plein sac de bonbons et de petit jouet. c’est sur : il reviendra.

Pour moi…. ça c’est pas passé pareil.

  • Ma coupe de cheveux.

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J’ai pas pris rendez vous pour aller au Barber Shop parce qu’il a pas de téléphone, pas d’internet. Arrivé devant une vitrine horrible, vieille comme le monde avec un panneau 18$ barré pour laissé apparaitre 17$ (pour concurrencer l’autre en face qui est à 18) j’ai été accueillis comme une merde par Joe, 68 ans, qui tremble un peu beaucoup pour un coiffeur, qui a lâché son cigare, pendant que ces 3 frères italiens étaient en train de fumer et boire sur les fauteuils d’attente. j’ai même pas dit un mot qu’il m’a enlevé ma veste, plaqué brutalement sur le fauteuil, et sans me demander quoi que ce soit, il a sorti sa tondeuse et a commencé a me couper les cheveux sans savoir ce qu’il allait me faire.BD0VRYM9CUF7

Pas de DVD ici mais la diffusion de la version US du « Juste prix » que Joe vit a fond, a tel point que quand quelqu’un perdait, il y allait encore plus fort sur la tondeuse. Quand Joe voyait que je balisais, il me baissait la tête pour pas me voir (ou peut être pour mieux voir la télé je ne sais pas). Il y est allé comme un bourrin. A la fin, il a même sorti le rasoir, m’a fait les contours et il me dit (oui enfin il parle) : « je peux te faire les sourcils, je te l’offre ». Heu….non Joe, là c’est bon.  J’ai donc reçu une serviette brulante sur tout le crâne avec les gros doigts de Joe qui s’enfonçaient dans mon visage et dans mon crâne pour bien être brulé. Le gel ? il a prit de la poudre, de l’eau,  a malaxé dans ces grosse mains, et j’ai eu un gel force 1000 que j’ai mis 3 jours à partir, j’en ai troué mon oreiller ! Et après voir payé 17$, il me tend une carte de fidélité « a 10 coupe, je t’offre la 11ème ». Je suis parti en ne voulant plus jamais refoutre les pieds ici ! (mais je sais pas comment il a fait, il m’a pas loupé.)

3 Castings.

Je me suis inscrit sur un site en ligne, et ce week end, jai eu mes premiers castings.   Ah ben je m’en souviendrait ! Bon, je vais pas te mentir, diriger ma Cie de théâtre a fait que j’ai passé très peu de casting dans ma vie. Mais bon, a un moment il faut y’aller. Le point positif ? ça m’aura préparer à prévoir : N’IMPORTE QUEL EVENTUALITE.

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  • Casting 1.

J’arrive a 11h dans un immense studio composé d’une 10ènes de pièces. Y’en a plein ici, c’est des studios pour travailler : tu loues la pièce 15$ de l’heure et tu peux répéter, organiser des conferences….ou des Castings. Le projet ? Une web serie japonaise avec de l’action et de l’humour. Ils veulent de l’energie de l’humour (bon ben ça devrait le faire)…Oui…sauf qu’après avoir attendu une heure, on annonce à tous les hommes présents dans la salle qu’on a reçu une mauvaise date : aucun homme n’est casté aujourd’hui.  OK.

  • Casting 2.

Pour une pièce de théâtre au T.Shreiber studio. Sur le site ou pouvait choisir un extrait parmi 10 différents à travailler. Ok, j’en choisi 1 je le répète pendant 2 jours et j’arrive. Je rempli une fiche de renseignement, on me demande l’extrait que je présente….ah, c’est le seul qu’ils ont pas. Pas de soucis, je prend sur mon téléphone. La porte s’ouvre, c’est mon premier casting Americain…. J’arrive : « bon tu va présenter quoi comme extrait » heu… ben vous l’avez pas « bon, attends on le prend. bon tu vas faire de là à là« . et là, c’est parti. même pas de présentation, même pas on parle du projet de la Cie, c’est pour un boulot pas payé, 10 dates en Juillet devant 3 personnes, et les meufs se la jouent stars. J’ai joué. A la fin de l’extrait « merci, c’est bien, si on t’appelle pas Mardi c’est que c’est pas bon. au revoir ! « ….. je suis resté 5 minutes ! J’étais nerveux, jai pas donné le meilleur, je serai pas pris c’est pas grave.

  • Casting 3.

Le dimanche j’arrive dans un studio pour une série policière humoristique. Rdv a 1h55 (précise) , j’arrive 15min avant. personne. On me fait rentré, je tombe face à 8 blacks avec des t shirts et casquettes au nom de la série : « Bon Remy, tu te présente a la camera ». Je me présente. « Bon Remy, tu vas faire Francis et Kaisha fera Beverly »….heu….Quoi ? « ben l’extrait qu’on t’a envoyé ! »…..Non, vous m’avez jamais envoyé d’extrait. « ah…ben… » heu attendez ! y’a personne qui attend, laisse moi juste le lire 5min je vais vous présenter quelque chose, le projet m’intéresse !

Ben oui j’ai présenté quelque chose, mais bosser en 5min. Au moins je me suis pas découragé. Mais si quelqu’un est arrivé et à proposé mieux… je l’aurai pas . Mais bosser pour des gens qui savent pas envoyer un mail et qui s’excusent pas, et qui payent pas les comediens pour se faire des t shirts…. c’est pas grave.

Donc note : prendre les prochaines castings à la rigolade, y arriver avec un gros capital confiance…. et prévoir un monologue a présenter au cas ou. C’est bon, je suis paré pour les prochains.

 

Atchoum !

Mon maitre de stage me dit : « mercredi tu prend des photos pour le spectacle en exterieur ». J’y suis allé…sous la pluie…en velo….et le spectacle était Jeudi ! (je vais le brûler) Donc crève (enfin…rhume. Pas « crève papy » …quoi que). Et comme le jeudi j’ai vu un spectacle dehors : Ben….Malade. 5 jours cloué au lit. Aujourd’hui, je suis allé chez le médecin. (je fais aussi un bisous a mon médecin sur Lyon qui, je sais suis mon blog, et qui j’espère appréciera ma première expérience médicale américaine) (et mes potes médecins de mon groupe de rock aussi : Les Krashs, c’est pour vous !)

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Superbe maison médicale d’urgence dans L’upper east side. C’est pas moi qui ai choisit, c’est mon assurance. Mais quand j’ai vu le lieu, j’ai eu un peu peur de l’addition. On me fait remplir un formulaire…

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Sur lequel je doit écrire que j’autorise le docteur a me toucher, et que je ne m’opposerait pas a son diagnostique. Ensuite, j’attend 1h. Une infirmière vient me chercher et m’emmène dans la salle d’examen.

(oui, j’ai tout pris en photo. j’ai pas le droit, mais je sais que t’aime quand je te fais decouvrir des choses. Et je respecte plus mon lecteur que ces lois débiles). L’infirmière me fait les examens de bases : tension,temperature, et dans un élan de sadomasochisme, elle me fourre 2 cotons de tiges dans les narines et tourne avec autant de vitesse et de poigne que si elle voulait monter des blancs en neige avec ma morvelle ….Mais ici, sa s’appelle « le test de la grippe ». Elle part. le médecin arrive, m’ausculte (à travers le t shirt, gare aux attouchements sexuels) et me dit « tu as une sinusite ». Le pharmacien arrive, le docteur va pour partir et « ah, ben non, le test est positif, t’as la grippe« . et il part, me laissant seul avec ce pharmacien qui me regarde en rigolant « c’est la première fois hein ? ». Donc la il résume tout ce qu’on  m’a dit, me dit ce qu’il va me donner comme médicament et il me dit « si tu veux pas que ta famille soit contaminé, je te conseil d’acheter du thermoflu, si t’en prend le premier jour de la grippe, ça te guéri d’un coup ». ah, et ça coute combien ? « c’est un peu cher : 250 $ » Combien ????  Heu, ben ils prendront des aspros comme tout le monde.

Une fois fini, il me dit qu’il envoie l’ordonnance a la pharmacie d’a coté (on donne pas d’ordonnances ici, pour pas essayer de renouveler des medicaments addictifs). et là je lui pose la question « et….tout ça là : le medecin l’infirmière toi… ça va me couter combien ? »   il me dit « tout dépend de ce que ton assurance prend en compte. mais sans assurance, le service que tu viens d’avoir, c’est 300$ ».

300$ le généraliste ! 300$ pour payer 3 personnes pour faire le même boulot que ma merveilleuse médecin ou que mes potes font en 20 minutes. Heureusement, j’ai une bonne assurance, donc ça ma couté : 0$ !!! que dalle.

Après j’ai été a la pharmacie….qui fait aussi café ! Normal !

Par contre, on te donne pile le nombre de médicament dont tu as besoi,n dans des flacons personnalisés. pas de gaspillage ! et le médecin m’a donné 4 pages d’explications sur ma maladie et ce que je devais faire si ça empirait…..Mais Putain 300$ !!! Mais maintenant j’ai des flacons de médecin et je peux jouer a Dr House ! (si un de mes pote comédien en veut pour un accessoire de scène ou de films, dis le moi et je te les garde et te les envoie).

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Ouai…compter jusqu’à 3. Je suis tellement crevé que je peux pas faire mieux cette semaine, désolé.   Y’a un jour, je te la câche pas, ou crevé et malade, ça a pris sur le moral. Moi malade !  un hyper actif qui peut pas travailler et bouger !  Je suis devenu fou.  Je deviens fou quand je suis malade, j’e m’ennuie le perds du temps ! je déteste me reposé mais en plus me sentir obligé de le faire…. J’aime pas ! Mais je me dis….Y’a pas de hasard. et si mon corps a lâché, s’il a fallu que je me repose….c’est peut-être parce que là bientôt très vite, y’a une nouvelle qui va enfin arriver et qui va me demander beaucoup d’energie. tu crois pas toi ?

 

A celui qui m’a lu

Rémy.S

 

P.S : je sais que j’arrête pas te le dire mais merci pour tes commentaires, tes messages, tes appels, tes textos. On est super content de voir que notre aventure est énormément suivit et encouragé ! cette semaine quand ça allait pas on les a tous relu, et régulièrement quand on craque, c’est toi qui nous remet debout. T’es notre force, toi, celui qui me lit. Tu n’imagines pas a quel point tu es important et tu nous portes. Alors continue à m’écrire et a laisser des commentaires des messages et tout ce que tu veux.

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Moi, New-yorkais…

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A celui qui me lit…

ça fait déjà 3 mois qu’on est là. Tu te rends compte ? Non parce que moi, pas du tout. J’avoue, ici on a perdu depuis longtemps la notion du temps. D’un côté, le temps passe vite et il faut que les choses bougent pour nous… d’un autre côté on a l’impression d’être là depuis des années. La France semble tellement loin ! Et (ça m’écorche la bouche de dire ça alors je le dirais qu’une seule fois) Merci Facebook et Internet parce grâce à ce blog et a Facebook, la France est loin mais toi tu l’es moins. Ouai… Elle est loin maintenant notre vie française, et plus les jours passe, plus on s’en rend compte. Je suis plus français, je suis devenu…un P**** de New-Yorkais !

Comme un vrai new-Yorkais, déjà , la vie est difficile. Mon « patron » par exemple, a de moins en moins de clients, et sa femme a perdu son boulot. Il m’a dit « tu vois Remy, finalement toi et moi on est dans la même situation ! » Heu….Oui…a part que toi t’es pas étranger, que tu gagnes de l’argent, que tu as un appartement et que ta femme va retrouver du boulot dans la seconde, et que tu as pas 2 enfants ! J’en peux plus ! Ce stage était un beau billet d’entrée mais alors ! quelle merde ! Je vais prendre le temps de te raconter mes journée de stage. c’est simple : je copie et je colle ! 3 jours sur 5 je prends les textes de journalistes ayant écrit des critiques de spectacles et je les mets sur son site internet : copier/coller. le reste du temps je prends des photos et j’y met des légendes : copier/coller. J’ai donc un stage de copier/coller en Amérique ! Serieusement j’en peux plus.  Il travail mal, s’endors pendant les spectacles, prends des photos atroces (d’ailleurs ses clients ne veulent plus travailler qu’avec moi, et ne veulent plus de ses photos) (c’est peut être pour ça qu’il m’en fait baver ?) Mais….La bonne nouvelle (oui, car attention, maintenant y’a des bonnes nouvelles) c’est que : J’AI TROUVé UN AUTRE STAGE ! Une structure dans le New Jersey a craqué sur mon site et veux me prendre en stage d’un an pour gérer des troupes de théâtre amateurs. ça veut dire que, si je ne trouve pas du boulot avant, au pire du pire du pire du pire, je ferai un autre stage. Je ne vais donc pas passer encore 1an à copier/coller des documents. Juste…. Jusqu’au 31 Octobre ! (heu…ah ouai…quand même )

Quand a Sandrine, elle fait de plus en plus de touches sérieuses niveau boulot, et dès qu’elle aura reçu son autorisation officielle de travailler, elle confirmera auprès des boites qu’elle a vue et devrait trouver sans problème. Les journées à faire bouger les choses payent enfin. ça commence à avancer. Quand à mon prototype d’application, j’ai rendez vous dans 2 semaines pour commencer à bosser sur le prototype.

  • Trouver une alternative au renouvelement de stage- OK
  • Sandrine trouve du boulot – Presque OK
  • Le logement….

Ben oui. Le logement. c’est ce qui m’a empêcher de dormir toute la semaine dernière. Dans 3 semaines on est à la porte (le contrat airbnb s’arrête). donc il faut chercher à se reloger au plus vite. Comme de vrais New-Yorkais….ben on galère. Ici le logement c’est le soucis numéro 1. C’est hyper cher et certains propriétaires….abusent un petit peu ! On a visité un appartement , un 1 bedroom. Le proprio voulait qu’on gagne 75 000 dollars annuels ! Si je gagne ça, je me paye autre chose qu’un T1 ! Alors forcément quand on est dans notre situation, sans plus beaucoup d’argent de côté, sans travail pour le moment, étranger, sans credit score…. Impossible ! Impossible ? Rien n’est impossible (à part lécher ses coudes) (tu viens d’essayer avoue ?) . A force de coup de file, de recherche sur Internet, j’avais eu l’occasion de rencontrer une nana portugaise qui a une 20ène d’apparts dans East Harlem (oui, encore East Harlem).  C’était pour rendre service à quelqu’un , j’avais été le voir et j’avais sympathisé avec cette nana (je l’avais aidé à ecrire un mail en français pour des nanas françaises qui voulaient louer un de ses appart’). Je l’ai appelé et…. ben on visite l’appartement demain ! Bon, c’est que pour 3 mois parce East Harlem on en peu plus, mais c’est plus bas, l’immeuble est propre et l’appart aussi. Et surtout : il coute que 2200 Dollars par mois ! Oui. C’est là que je me rends compte que je suis New- Yorkais : 2 200 dollars par mois pour un T1 à Manhattan : c’est pas cher. Pour un meublé tout compris proche du metro et de Central Park : c’est pas cher, vraiment. Il m’a fallu du temps pour me rappeler combien on payait à Lyon pour être à 20min à pied de Bellecour et pour un T2 : 800 euros. c’est fou, ça me parait pas possible. C’est tellement loin tout ça !

  • Stage. Merdique mais trouvé un autre. OK.
  • boulot de Sandrine- en cours mais en bonne voie- OK
  • Appartement – OK

 

Alors comme des New Yorkais….Ben on se détend un peu.

Samedi dernier, c’était la fête du Park de East Harlem. Y’avait pleins d’activités pour les enfants. L’occasion de faire faire du sport à nos loulous. Ils se sont éclatés !

 

Et puis…On a tendance à oublier que new-York…C’est une ville au bord de L’océan. Alors, hier, on a fait un truc qu’on aurait jamais pensé faire dans notre vie : on a prit le Métro…. Pour aller à la plage. On est sorti de East Harlem, on a pris l’express jusqu’a Union Square (15min) et après la ligne Q en local. Nous avons pris cette ligne pendant 45 minutes, traversé Brooklyn pour nous retrouvé…. à la plage ! Face à L’océan ! On avait pas réalisé. On avait pas réalisé que cette été on pourrait passer nos week end à la plage, qu’on habitait « à la mer ». Et pourtant : on est à new York ! et comme des New-Yorkais, on peut aller à la plage quand on veut, et en métro ! (avec Mc Do, Starbuck etc… à quelques mètres de la plage bien sur !)

 

C’est une ville de fou ! c’est une vie de barge ! Et chaque jours on s’en rend compte. Au fur et à mesure que les jours passent…. je me rend compte de la folie du pari qu’on a fait en venant ici. Mais quelle folie ! Oui y’a eu des bonnes nouvelles. On est pas à la rue dans 3 semaines, c’est LA bonne nouvelle. Pour le reste, se sont des pistes, des bonnes pistes, mais rien n’est signé alors on s’enflamme pas. On est New-Yorkais, ici en une journée tu peux devenir personne et le lendemain être riche. Alors comme des New-Yorkais, on vit au jour le jour en essayant de régler problème par problème.  On a régler temporairement le logement…. Et bientôt on criera victoire. Quand Sandrine signera son premier contrat, quand j’aurai trouvé un boulot (sans passer par la case stage), on le dira « on l’a fait ». Oui on galère. Mais ça fait que 3 mois. Et en 3 mois, on se bat pour faire bouger les choses et…ben…tout doucement…elles commencent à bouger ! Disons en tout cas qu’on arrive petit à petit à régler chaque problèmes sans trouver le moyen de s’en rajouter. Se sont des petites victoires. Mais vu ce qu’on traverse depuis 3 mois, depuis 2 ans de ce projet de dingues, ces petites victoires, elles nous permettent de tenir le coup. Dans 3 semaines on déménage dans un meilleur apartement. ça va nous faire du bien. Quand au mois de Juin il va être determinant. Mais Juin, pour le moment, c’est trop loin. Ici tout peut changer en une fraction de seconde, chaque jour emmène son lots de problèmes, de solutions , de mauvaises et de bonnes nouvelles. La semaine passée était une semaine de bonnes nouvelles. Et Heureusement parce que là ça commençait à être long de se battre sans même apercevoir de résultats. On les a pas encore, mais maintenant on les voit. On avance. On avance parce qu’on se bat, parce qu’on lâche rien, parce qu’on a un putain de rêve à réaliser !  Parce que maintenant on est New-Yorkais dans l’âme , et qu’on fera tout ce qui est possible en notre pouvoir pour le rester.

 

A celui qui m’a lu.

Rémy.S

 

P.S 1 : un article est dipso dans la section « pour la famille ». il s’appelle « loulous shake shack »

P.S 2: et parce que je suis new-Yorkais…. je mange de la merde ! ça, ça s’appelle un « corn dog » c’est…. une sorte de saucisson brioché….en plus petit….et en carrément plus dégueulasse ! même ma fille n’en a pas voulu (et pourtant elle mange ses chaussures !)

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P.S3 : et merci pour tes messages, tes conseils, tes encouragements… Sans toi, on y arriverait pas. Je tiens à te le dire : tes commentaires, tes messages, tes likes, tes conseils sur messengers nous aident vraiment à tenir. Alors au nom de toute ma petite famille : Merci !

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Comment dormir dans une ville qui ne dort jamais ?

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A celui qui  me lit,

Je déteste dormir. C’est vrai, j’ai horreur de ça. Déjà parce que certaines phobies personnels rendent le processus de dormir extrêmement difficile…. Mais la principale raison c’est que j’ai l’impression de perdre du temps ! La vie est courte, y’a toujours quelque chose à faire et m’allonger, ne pas être actif,  même pendant quelques heures, me panique, me stresse et surtout : m’énerve.  Je n’ai jamais fais de sieste de ma vie et quand je dors, c’est que je tombe de fatigue (et je lutte pour ne pas dormir). Récemment tu m’as posé cette question sur New York  « Comment tu fais pour dormir dans une ville qui ne dort jamais ? » 

Voilà ma réponse.

Ces dernière semaines, aller ce coucher à New York, c’est se coucher à 1h du matin après des journées étranges. Mon stage est toujours aussi (pas) passionnant. La semaine dernière mon maitre de stage était en Italie voir sa fille, j’ai donc eu 4 jours pour travailler sur ma recherche d’emploi. Le plan « B » c’est de renouveler mon stage pendant 1 an (ce qui  nous fera rester au minimum jusqu’en Novembre 2017). Mais c’est le plan B, parce que le stage : j’en peux plus.  La semaine dernière par exemple , y’avait rien à faire. Je suis arrivé tous les jours à midi, pour finir mon travail autour à 2h. Mais est-ce que je rentre chez moi ? Bien sûr que non ! Parce que mon papy en ce moment, a une femme qui est en train de se faire virer, donc il est triste, donc il veut pas rester tout seul. Alors il me donne des trucs à lire, m’invente du travail ou m’envoie à la poste (et ça c’est quand j’ai de la chance, des fois, je reste là, j’attends, et quand je lui demande « je peux t’aider ?  »  il me répond « là, je sais pas pas, je vais voir »). Mais y’a pas assez de travail pour 2. Le plan c’est donc de vite trouver un sponsor pour un Visa O. Donc depuis plusieurs semaine, le réveil sonne à 8h00, jusqu’à 11h je postule à des offres, je part en vélo , arrive à 12h chez papy, reste jusqu’a 5h, rentre à 6h chez moi, mange, couche les petits pour retravailler sur la recherche de boulots jusqu’à minuit.  Je peux pas aller me coucher avant , parce que sinon, je vais me dire que je perds un temps précieux qui me rapproche de mon Visa et de la réalisation de mon rêve.

Heureusement, pour envoyer mes CV, je peux compter sur ma famille ! (il collait les timbres, c’était « le jeu des autocollants pour le travail de papa »)

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Sandrine, c’est la même chose, sauf que  quand je travaille, elle s’occupe  des enfants, tout en répondant à des appels, passant des entretiens téléphoniques . Elle fait des touches, passe des entretiens, et on est pas loin de crier Victoire….mais pas encore.

Vendredi dernier, ça a été dur de s’endormir. La collègue de la mère de Sandrine venant à New York, on a reçu une valise d’affaires ! première livraison officielle. Les loulous ont récupéré leurs circuits et Mr Patate, Sandrine a récupéré des vêtements, on a eu quelques surprises culinaires… Quand a moi, j’ai récupéré une lampe de bureau en forme de grosse ampoules. Cette lampe, ma mère me l’a offert quand j’ai réussi (brillamment, je le dis parce que c’est vrai j’ai eu des super notes) le bac de français. J’ai toujours écris mes scénarios à côté de cette lampe. tout ce que j’ai créé dans ma vie professionnelle a été éclairé par cette ampoule. Alors c’est vrai que vendredi soir, j’avais de nouveau envie d’écrire, les enfants de jouer, Sandrine avait un petit homesick…. c’était pas facile de dormir.

Et comme on dort pas, on fait comme tous les new-Yorkais : on va se ressourcer à Central Park. C’est ici qu’on se repose, d’autant plus que c’est le printemps ! Il fait 24°C dehors (impression 30 ! Il fait une chaleur de fou, et froid le soir). Mais le park est en train de révéler son vrai potentiel.

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Et puis nos 2 loulous sont tombés amoureux du park, ils vont se défouler, courir, jouer au ballons, et eux pour  le coup, arrivent a dormir grâce à ça.

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Les réactions à mon dernier post m’ont pas mal travailler. Je suis désolé, je voulais pas t’alarmer. Ce blog, quand je t’écris… Je me dis que si quelqu’un lit avec l’idée de faire la même chose… je veux qu’il sache la vérité, que c’est super dur. Ca veut pas dire que c’est impossible et qu’on va pas y arriver. Non. ça veut dire que c’est vraiment pas évident d’être personne, pas attendu, seuls et sans suffisamment d’argent, dans la ville la plus grande, une des ville les plus cher au monde, et surtout, où l’immigration est difficile. Le challenge est de taille ! heureusement que c’est dur !  Je sais que tu te fais du soucis, et je te remercie pour les messages que tu m’as laissés. Ils nous ont fait du bien. Mais je te rassure, même si les choses n’ont pas évolué depuis le dernier post, que c’est toujours aussi dur, qu’on galère toujours autant… c’est pas ça qui va nous arrêter. On va pas s’arrêter. J’ai dis que c’était difficile, j’ai pas dis qu’on baissait les bras.

 

Comment on dort dans une ville qui ne dors jamais ? Tu veux la vraie réponse ? On dors pas. On peut pas. Parce qu’a chaque fois qu’on est dans notre lit, on pense a ce qu’on va faire demain pour améliorer la situation, pour trouver du travail, trouver un sponsor un agent, de l’argent , un nouvel appartement… On peut pas dormir ! Et puis pourquoi dormir ? Pour rêver ? Mais on rêve déjà ! A chaque fois que je roule dans New York je vois des immeubles dans lesquels je veux vivre, à chaque fois qu’on rentre dans un magasin on rêve de pouvoir acheter des jouets ou des vêtements à nos enfants…. A chaque fois qu’on postule à un boulot, on rêve d’être embauché et de commencer notre nouvelle vie, une nouvelle carrière ici. On rêve la journée pendant qu’on se bat, et le soir, on cherche des solutions pour encore plus se battre. Bientôt , les rêves vont devenir réalité, les journées ne seront plus des rêves, et les soirées ne seront plus du temps à chercher des moyens pour avancer. Et à ce moment là, quand le rêve sera là, on sera content de dormir. Comment on dort dans une ville qui ne dort jamais ? On reste éveillé jusqu’à ce que la ville nous dise « c’est bon, tu l’as fais, tu peux aller te coucher maintenant« .

 

A celui qui m’a lu 

 

Rémy.S

 

 

P.S : Et surtout, tu ne peux pas dormir après avoir mangé chez Shake Shack. Je tiens à faire un mea culpla : Five Guys sont les 2èmes meilleurs burgers de New York. Shake Shack, avec ces produits frais, son pain brioché et ses frites ondulées…. Serieux j’ai jamais rien mangé de meilleur. Mon pote Vincent  avait donc raison : se sont les meilleurs burgesr de New York. Et je sais qu’avec ce mea culpa, Vincent aussi va mieux dormir.

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P.S 2 : et encore merci pour tes commentaires, tes likes, tes partages et tes messages…. tu n’image pas à quel point ça nous fait plaisir, et ça nous donne des forces. Tu me dis régulièrement que tu aimes me lire, mais sache que j’aime te lire aussi.

 

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